Jazz In Lyon

En Drôme du sud : Les grands rendez-vous du 27ème Parfum de Jazz  

Début demain soir en Baronnies de la grande quinzaine du festival jazz de la Drôme du sud. Quelque 21 concerts vont se succéder des Baronnies au Tricastin jusqu’au 28 août. Surtout, le festival invite à découvrir des formations rares venues parfois de loin, révélant un jazz nourri d’horizons multiples

D’une certaine façon, on y est. C’est demain, mardi 11 août que Parfum de Jazz, 27ème du nom, entre vraiment dans les faits : cette quinzaine qui, des Baronnies au Tricastin, va voir la Drôme du sud s’animer jusqu’au 28 août par la grâce de  quelques 21 concerts à l’affiche. 

Première étape, première semaine, du 10 au 16 août, qui se déroule comme le veut la tradition, en Baronnies : de Montbrun-les-bains à Buis-les-Baronnies, berceau du festival, avec un détour par Mollans-sur-Ouvèze et son théâtre de verdure.

Une première soirée qui mérite l’attention comme d’ailleurs celles qui suivront : non pas pour ces raisons connues et souvent mises en avant tels ce voeu d’itinérance en Drôme du sud, exprimé dès l’origine, ou, cette volonté -plus récente- de n’accueillir que des formations dirigées par des musiciennes, ce qui réduit très logiquement le champ des possibles. 

Mais plutôt en raison des choix artistiques faits par le festival cette année : à la différence de beaucoup d’autres aux programmations plus convenues, Parfum de Jazz a choisi d’inviter des formations peu programmées jusqu’ici, que ce soit en club ou en festival. La première appelée à Montbrun est l’Ehbam Quartet : quatre voix originaires de Hongrie et de Grèce qui ont décidé il y a quatre ans de chanter ensemble en ne s’appuyant que sur les cordes d’un violon et d’une contrebasse et soutenues par une batterie/percussions. Au total, une synthèse des penchants musicaux des quatre complices, fusionnant ici des rythmes et des traditions de tous ordres, de toutes origines et de toutes symboliques. Tour à tour ou ensemble, Monika Kabasele, Lisa Murcia (violon), Léna Aubert (contrebasse) et Elias Arapoglou (dr/percussions), mêleront leur(s) voix pour dessiner et mettre à portée un univers original. 

Il en sera ainsi quasiment toute la semaine : le lendemain, Mollans recevra Katarina Pejak, façon blueswoman originaire de Serbie et débarquée en France il y a quatre ans. Le temps de concrétiser ses aspirations et de sortir deux ans après, Pearls on a string, un album très intime doté de dix compositions personnelles, nourries et inspirées par sa découverte de son pays d’accueil. 

Une saxophoniste rare le temps d’un concert attendu

En apparence, il en sera de même jeudi 13 août, première soirée prévue à Buis-les-Baronnies : à la tête du quintet attendu à La Palun, Nicole Johänntgen, née en Allemagne, où elle découvre et décide de se consacrer à la musique, jusqu’au jour où elle opte pour le saxophone (alto ou soprano au gré des morceaux). Si le nom de cette musicienne désormais installée à Zurich n’est pas si familier et si les occasions de l’écouter en France sont rares, le concert de Buis ne passera surtout pas inaperçu : en une trentaine d’années, la dame a produit une belle quantité d’albums et s’est fait remarquer par sa curiosité sans limites et son itinéraire inédit. Passant des formations qu’elle met sur pieds à ces collaborations qui lui permettent de confronter son jeu et de le faire reconnaître. Parmi toutes ces étapes, celle de La Nouvelle Orléans semble avoir joué un rôle déterminant, influençant ses derniers albums.  Une façon enjouée de s’emparer de son sax, d’en appeler à des rythmes ou des ritournelles de tous gabarits, s’appuyant de façon originale sur des percussions renforcées, David Stauffacher, pilier de son trio, croisant les baguettes ou les pédales avec Roberto Hacaturyan.  

Pour la circonstance, elle sera donc entourée par Manon Mullener au piano, Sonja Bossart, basse, David Stauffacher et Roberto Hacaturyan, percussions. 

Une trompette pour explorer les traditions du Bahrein

Le 14 août, un nouvel horizon prendra forme à La Palun avec Yazz Ahmed, qui s’inspire des traditions du Bahrein dont elle est originaire. Pour ce faire, la trompettiste s’appuie sur une formation comptant un vibraphone, une basse et une batterie. Entremêlement du vibraphone et de la trompette, douceur d’ensemble pour bâtir des harmonies étonnantes où chaque note prend l’importance d’une pièce de puzzle, et au final, un petit monde suave et tranquille qui invite au partage. (avec Yazz Ahmed : trompette, Ralph Wyld : vibraphone, David Manington : basse et Joshua Blackmore : batterie). 

Une bassiste polonaise sort des sentiers balisés 

Enfin, pour boucler cette semaine en Baronnies, on en appellera à la Pologne : c’est en effet là que Kinga Glyk a vu le jour et  fait ses premières gammes dans une famille où la musique se joue au quotidien. Sa biographie explique d’ailleurs que, dès l’âge de 12 ans, elle rejoignait le groupe familial Glyk PIK en ayant opté une fois pour toutes pour la guitare basse. Depuis, la jeune femme a largement fait son chemin, même si là encore, ses apparitions dans l’Hexagone sont restées discrètes, en dépit d’un premier album sorti à 18 ans, un deuxième peu de temps après, et un troisième, en 2017 (Dream), qui comptait comme comparses Tim Garland, Gregory Hutchinson, et Nitai Herschkavits, pianiste souvent vu aux côtés d’Avishai Cohen. La définir et évoquer le concert de ce soir-là ? Risqué. La bassiste a avalé et fait sien tous les rythmes qui flattaient son oreille et « enrôlé » quelques bassistes côté funk ou direction Marcus Miller. C’est cette appropriation et cette synthèse qui risquent de séduire lors de cette dernière soirée, la bassiste n’hésitant pas à outrepasser son rôle et à s’aventurer sur des chemins non balisés. Un joli monde à ses côtés :  Michał Jakubczak : claviers, Rodney Barreto: batterie et Lucas Saint Cricq : saxophone.  

 * Parfum de Jazz : du 10 au 28 août : consulter le programme des dates et des lieux de concerts

Début du festival « Off » lundi 10 août à Buis-les-Baronnies

C’est ce soir, lundi 10 août à 19 heures, que démarre le festival « Off », festival dans le festival, qui proposera chaque jour ou presque un concert : aujourd’hui rendez-vous avec le Kees Oosterwijk quintet à La Fontaine d’Hannibal, quai de l’Ouvèze à Buis-les-Baronnies (début du concert : 19 heures)..

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