On le sait, depuis la disparition d’A Vaulx-Jazz, la Métropole de Lyon ne possède plus réellement de Festival de Jazz d’ampleur sur son sol, ce qui est fort dommage.
C’est la raison pour laquelle, les initiatives qui se font jour sur la Métropole de Lyon sont scrutées avec attention.
Tel est le cas du Festival à Cours & à Jardins qui a affiché ces deux derniers week-ends une programmation de qualité et qui à l’originalité de se dérouler dans d’immense jardins privés, en général fort bien arborés et ouverts au public pour cette seule occasion. Bref, ce festival créé par un musicien de Jazz, le multi-instrumentiste François Dumont D’Ayot permet à la fois non seulement de découvrir de belles formations jazzy, mais aussi des jardins méconnus des Lyonnais.
Ce fut une nouvelle fois le cas, cette année au sein du Parc de l’Archevêché à Fourvière, voire à la Maison Saint-Charles à la Croix-Rousse, voire d’autres.
La météo aidant, ce 1er festival de plein air de l’été à Lyon a drainé plus de 2 000 spectateurs sur quatre jours, se félicite son créateur qui est accompagné d’une équipe de vingt-cinq bénévoles.
Un succès aussi question finances en ces périodes compliquées pour la culture, car cette fois, le public était convié à participer aux frais via une participation libre « et à notre grande surprise, les gens ont contribué en nombre » (auparavant l’entrée était purement gratuite) , se félicite François Dumont D’Ayot. Une démarche qui avait été suggérée par les collectivités qui accompagnent le Festival par leur subventions : la mairie de Lyon, comme la région Auvergne-Rhône-Alpes,
« Nous aurons même un excédent », reconnaît François Dumont D’Ayot.
Si le public a répondu présent à ce festival encore méconnu, outre le cadre dans lequel il s’est déroulé, c’est que les plateaux proposés étaient de qualité.
C’est le concert du trio Charlier/Winsberg/Sourrisse l’une des affiches-phares qui a attiré le plus de public au Parc de l’archevêché.
Notion spéciale à une belle découverte, celle de Hadouk duo «Le Concile des Oiseaux», rassemblant deux musiciens qui évoluent hors de sentiers battus, Didier Malherbe (aux flûtes Bawu, doudouk, khaen,etc.) et Loy Ehrlich (hajouj, awicha, gumbass, kora, ribab, etc.) qui utilisent des instruments du monde entier avec une créativité étonnante, tout en restant dans l’épure jazz (lire l’article).
En final, le concert qui a réuni la saxophoniste virtuose soprano et baryton et chanteuse Céline Bonacina et le multi-instrumentiste (de la clarinette au saxophone en passant par la…cornemuse) Laurent Dehors a aussi répondu aux promesses mis en lui, avec un public conquis par ce jazz à la fois mélodique et sophistiqué.
Reste la question qui se pose à l’issue de chaque Festival : y aura-t-il une prochaine édition en 2027 ?
François Dumont D’Ayot serait bien tenté de dire oui, et même sur un mode de plus grande ampleur.
« Je reconnaîs que souhaitant m’impliquer plus dans ma propre carrière musicale, j’ai été tenté un moment de me dire que la quinzaine édition du Festival, serait la derrière », explique-t-il.
Mais d’ajouter aussitôt : « Mais l’enthousiasme et l’implication des bénévoles de l’association qui ont exprimé un bel esprit collectif, m’a fait changer d’avis. Il me faudra déléguer encore plus, mais ce ne sera pas difficile. Il devrait donc y avoir une seizième édition en 2027. »
Mieux encore, le musicien voudrait attirer encore un public plus large « en faisant intervenir lors du 1er week-end, un musicien ou une formation connue à la fois par les amateurs de jazz et du grand public. »
Si c’est le cas, ce Festival pourrait passer à cette occasion une nouvelle étape. Et le petit festival lyonnais pourrait bien monter en volume…
