Jazz In Lyon

Il aurait eu 100 ans aujourd’hui. Miles Davis a joué à quatre reprises à Jazz à Vienne. Souvenirs de Jean-Paul Boutellier, le créateur du Festival…

On a tout dit de Miles Davis : son idylle avec Juliette Greco, la musique d’ « Ascenseur pour l’échafaud », le fait qu’il ait été un miraculé de la drogue dans laquelle il avait profondément plongé avant de se sevrer lui-même, son énorme contribution à l’évolution du jazz auquel il a donné le « la »pendant plusieurs décennies, etc.

Mais ce natif d’Alton dans l’Illinois, le 26 mai 1926 qui appartenait à la catégorie très restreinte des superstars du Jazz a aussi tissé une partie de son histoire avec le Festival Jazz à Vienne qu’il affectionnait particulièrement.

On a tout dit de Miles Davis : son idylle avec Juliette Greco, la musique d’ « Ascenseur pour l’échafaud », le fait qu’il ait été un miraculé de la drogue dans laquelle il avait profondément plongé avant de se sevrer lui-même, son énorme contribution à l’évolution du jazz auquel il a donné le « la »pendant plusieurs décennies, etc.

Mais ce natif d’Alton dans l’Illinois, le 26 mai 1926 qui appartenait à la catégorie très restreinte des superstars du Jazz a aussi tissé une partie de son histoire avec le Festival Jazz à Vienne qu’il affectionnait particulièrement.

Il s’est produit quatre fois sur la scène du théâtre antique de Vienne, la première en 1985 et la dernière en 1991 : il devait décéder quelques mois plus tard d’une pneumonie.

Jean-Paul Boutellier, le créateur de Jazz à Vienne dont il a tenu les rênes pendant trente ans, de 1981 à 2010, l’a ainsi très bien connu et apprécié. 

Il fourmille d’anecdotes à son égard, traçant le portrait d’un homme qui n’est pas celui que l’on décrit habituellement.

« Il avait la réputation d’être un homme froid, difficile à aborder. En fait, lors de ses venues à Vienne, il a été toujours chaleureux et ouvert. »

Et d’ajouter: « Ainsi, lors de sa première venue en 1985, le Festival n’avait pas au théâtre antique la même physionomie qu’actuellement : il n’y avait pas de loges pour les musiciens, c’étaient simplement des cabanons. Il  le comprenait et l’acceptait très bien et n’en a jamais fait le reproche. Il allait à l’essentiel. Il fallait que le son et la manière soient corrects, pour lui, le reste était accessoire ! »

Autre image que l’on n’a pas du trompettiste. « Lors du concert qu’il avait donné en 1989, il pleuvait à verse. A tel point que ça l’avait étonné que le public ne fuyait pas et restait dans les gradins. Pour montrer qu’il était ému de la constance du public, il avait été dans sa direction, pour prendre l’eau, comme lui ! »

Bref, si Miles Davis s’était quelque peu entiché de Vienne, une des explications tient aussi il faut le dire à sa meilleure table qu’il affectionnait où il lui est arrivé de manger à de nombreuses reprises et y a dormi : « la Pyramide », le restaurant deux fois étoilé de Patrick Henriroux.

Et de raconter qu’un jour Patrick Henriroux avait organisé un repas à son arrivée, spécialement pour lui, « c’était une soirée un peu mondaine, en général, il n’aimait pas trop et  il refusait, mais là, il avait accepté. Il lui est même arrivé de manger du foie gras à 10 heures du matin… »

On a l’image d’un homme qui parlait peu, voire même qui tournait le dos au public. Pour Jean-Paul Boutellier, l’explication est simple : « Miles avait des problèmes de cordes vocales, il avait une voix épouvantable, il en souffrait énormément ! Une année, plutôt que de parler, il avait même  présenté ses musiciens en arborant des pancartes avec leurs noms ! »

Bref, au final, pour  le créateur de Jazz à Vienne : « je n’ai que de bons souvenirs de Miles Davis. C’était  un homme très élégant, d’une classe folle ».

Et pour conclure : « Pour moi, la disparition de Miles Davis de Jazz a été une perte énorme. C’est lui qui montrait la direction d’une musique de Jazz  en perpétuelle évolution, les autres musiciens suivaient. Il n’y a plus de personnalités similaire. Pour preuve : il a gardé une image très forte ! »

Un hommage cette année à Vienne

Un hommage à Miles Davis est programmé le juillet avec des musiciens qui ont joué avec lui dont le célèbre contrebassiste Marcus Miller. De même une exposition lui sera consacrée à l’église Saint-Pierre où l’on retrouvera notamment deux dessins réalisés par Miles Davis qu’il avait offert à Jean-Paul Boutellier : “ Miles Davis, 100 ans d’influence “ du 26 juin au 11 juillet 2026, de 14 h à 19 h.

La quasi totalité des autres festivals de l’été, qu’il s’agisse de Marciac, Crest Jazz Festival et autres, ont tous prévus aussi des concerts hommages au grand trompettiste qui a marqué le jazz de sa forte empreinte.

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