Ce sont deux habituées de Jazz à Vienne. C’était sa 6ème présence sur scène pour Angélique Kidjo et la 4ème pour Fatoumata Diawara. Mais elles ne s’étaient jamais encore retrouvées ensemble sur scène. Il est vrai qu’elle ont plus que l’Afrique comme point commun, qu’elles célèbrent toutes deux, mais à l’aide d’instruments électriques occidentaux, non traditionnels, tout en revêtant en revanche sur scène de magnifiques costumes traditionnels, Une orientation de plus en plus d’orientée et revendiquée « world music » avec un savant mélange d’afro-pop, d’afro-beat, d’afro-funk, de reggae, voire même de rock !
C’est Fatoumata Diawara qui la première fit irruption sur scène revêtue d’un magnifique costume blanc surmonté une coiffe de reine africaine.
Cependant, ce concert d’ouverture de la soirée démarre, il faut bien le reconnaitre, un peu mollement, la chanteuse d’origine malienne délivrant en bambara de sa voix cristalline, quelques titres de son dernier opus, récemment sorti, qui raconte son histoire personnelle et évoque les thèmes qui la touchent en tant que femme et citoyenne du monde : « Massa ».
Un album orchestré par « M », Matthieu Chedid avec qui , elle aime travailler. « Un pont entre nos deux culture, l’africaine et l’occidentale », lance-t-elle au public.
En fait, il faut attendre la moitié du show et un changement de costume pour que le concert commence à prendre du rythme et de l’altitude, allant jusqu’à se terminer avec des accents carrément rock, pour le plus grand plaisir du public qui n’attendait que cette étincelle.
Elle n’hésite pas alors à rajouter à son répertoire de grands classique de la pop comme l’ « Imagine » de John Lennon ou l’iconique « No woman, No cry » de Bob Marley.
Angélique Kidjo : sobre en paroles et énergique
En revanche, c’est sur les chapeaux de roues qu’Angélique Kidjo la suit sur scène, débute son concert dans une configuration plus intimiste que d’ordinaire, en quartet.
A 66 ans, la chanteuse d’origine béninoise n’a rien perdu de l’énergie qui l’anime sur scène et dans la vie, développant au fil du concert tous les mouvement de la danse africaine. Et l’on peut constater la gamme est vaste !
Cette fois, contrairement à sa dernière apparition à Vienne où elle avait un peu « soûlé » le public en intervenant beaucoup et longtemps, place à cette fois la musique, entrecoupée de courtes prises de paroles empreintes d’humanisme.
Et ce, à l’instar de son dernier opus intitulé « Hope » dont elle égrena un certain nombre de morceaux. Un album qui parle de la transmission à la jeunesse et de sa capacité, dont elle ne doute pas, à résoudre les grands défis d’un monde qui n’en manque pas !
Au total, ce furent ce soir là au théâtre antique dans le cadre de cette soirée africaine, deux show efficaces, bien formatés, pour l’une comme pour l’autre, mais ne laissant guère place à l’improvisation et aux surprises et on sait que l’ennui vient souvent de l’uniformité….
C’est ce qu’on aurait pu craindre, si un peu d’inattendu n’avait heureusement surgi avec l’arrivée sur scène en final, de Fatoumata Diaware, s’invitant au côté d’Angélique Kidjo , les amenant à entonner ensemble et avec le public « Mama Africa » , voire l’inaltérable « Pata Pata » de Miriam Makeba.
Cette réunion des voix de deux des chanteuses les plus célèbres d’Afrique permit à l’ambiance de s’envoler, cette fois en un véritable feu d’artifice avec les 6 200 festivaliers debout sur les gradins communiant dans cette vision à la moderne et traditionnelle de l’Afrique.
