Jazz In Lyon

Le 27 ème Charlie Jazz Festival  s’ouvre au monde 

Nate Smith : l’incontournable drummer qui n’a été aperçu qu’au New Morning cet hiver, jouera au Charlie Jazz sa seule date en France….

En quatre soirées, du 2 au 5 juillet le Charlie Jazz Festival offrira un condensé du jazz et des musiques qui l’ont inspiré et construit : d’Al  Di Meola à Dhafer Youssef, de Robinson Khoury à Oumou Sangaré et surtout de Nate Smith à Lakecia Benjamin en passant par le YomXTrio et Naïssam Jalal.  Ajouter à cela le cadre enchanteur du domaine de Fontblanche de Vitrolles où les voûtes de platanes font résonner la musique d’une bien étrange façon

 

Lakecia Benjamin, nouvelle pépite du sax en deuxième soirée…. très new yorkaise 

Comment ramasser en quatre soirées quelques grandes tendances du jazz actuel et attirer quelques-uns de ses acteurs les plus plébiscités, sans s’éloigner d’une ligne artistique rigoureuse qui guide l’évènement depuis sa création, en 1998 ? C’est ce que réussit à faire le Charlie Jazz Festival dont on vous parle régulièrement. Un festival de jazz court mais dense vivant sa vie au coeur de la Provence, à Vitrolles, dominant l’étang de Berre, où chacun des 8 concerts prévus du 2 au 5 juillet sur la scène principale se veut un concentré de ce qui anime aujourd’hui une musique dont l’ambition de recherche et de permanente remise en cause reste le moteur essentiel.

C’est sans doute pour cela que le Charlie Jazz a acquis, au fil des ans, une réputation sans faille et qu’il attire aujourd’hui un public toujours plus large.

Al Di Meola et Robinson Khoury pour démarrer 

 

Al Di Meola pour un de ses rares concerts en France cet été 

Première soirée : de la guitare d’Al di Meola au trombone de Robinson Khoury, on se penchera sur deux générations et deux épopées de musiciens incontournables. Au premier, une pérennité qu’on ne cesse de saluer, marquée entre autres par 30 albums dont une bonne part essentiels et de multiples rencontres qui jalonnent sa longue « carrière ». Au second, une arrivée quasi fracassante, soulignée par l’une des récompenses les plus indiscutables (le prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz), et par une longue résidence à Jazz sous les Pommiers où il a précisément peaufiné sa nouvelle création (Aria) portée par sept musiciens et au coeur du sujet ce soir-là. 

Place le lendemain à deux autres évènements d’outre-Atlantique, voire essentiellement new yorkais. D’abord le sax alto de Lakecia Benjamin qui s’inscrit de plus en plus sûrement dans ce petit monde qui ne cesse d’agiter et de bouleverser les idées et les improvisations reçues. En l’espace de quelques années, la jeune femme n’a cessé de se frotter et de se mesurer à quelques-uns de ses glorieux aînés. De quoi se constituer un CV digne d’attention et de montrer dans ses albums sortis en 2020 et 2023 de qui elle héritait. Cette fois, il s’agit de son dernier album, We Dream, qui a mobilisé de nombreux musiciens, dont Chriss Potter, Terence Blanchard et Jeff Tain Watts, mais qui, à Vitrolles, reposera sur les épaules d’un quartet (sax-elle-même, piano -Oscar Perez, basse- Elias Bailey et drums- Ej Strickland).  

Evènement rare : Nate Smith, drummer incontournable 

Le même soir, petit ou gros évènement, mais rendez-vous rare avec ce qui se fait de mieux en matière de drums/percussions : Nate Smith, à la présence rare sur les scènes hexagonales (un seul concert au New Morning il y a trois mois). Il ne sera pas tellement plus présent cet été dans les festivals : le Charlie Jazz est en effet le seul en France à l’inviter…. Comprenez : le seul à avoir su se positionner à temps sur sa tournée en Europe pour l’attirer jusqu’à Vitrolles ; c’est dire la valeur et la saveur de ce concert emmené par un batteur qui, lui aussi, a fait ses classes avec les plus confirmés, de Dave Holland à Pat Metheny, tout en ne s’interdisant aucune embardée vers des rythmes cousins. Dans le petit monde de la percussion et des drums, il figure parmi les meilleurs et les plus écoutés. Son dernier album (Live Action) qui devrait figurer en bonne place le 3 juillet à Fontblanche, arrive déjà lesté de deux Grammy awards. C’est dire. 

Deux soirées où l’art vocal prédomine

Oumou Singaré, un cc

Changement de registres, d’horizons et de rythmes pour les deux dernières soirées : Le Charlie Jazz Festival retrouve d’abord Naïssam Jalal. Maître de la flûte mais surtout éternelle défricheuse qui revient à Vitrolles avec un nouveau projet « Landscapes of Eternity ». Cette fois, cette voix si caractéristique qui ne cesse de s’initier à de multiples courants musicaux, du jazz au blues en passant par l’Egypte, la Syrie bien sûr ou la Palestine, s’est plongée dans les musiques d’Inde du Nord, façon initiation/méditation et notamment la musique hindoustanie. Ce Landscapes of Eternity, sorti cette année et au programme ce soir-là, explique que la flûtiste ait appelée à ses côtés Flo Comment, joueuse de Tandura et adepte reconnue de chants indiens, en y ajoutant le piano recueilli de Leonardo Montana et la batterie d’Elie Martin-Charrière. Après cette incursion inspirée du sous-continent indien, le Charlie Jazz accueillera ce soir-là Oumou Sangaré, Une présence rare en France, nous explique-t-on, pour une des voix africaines des plus familières depuis plusieurs décennies. Originaire du Mali, cette chanteuse puissante, expressive et engagée s’est surtout illustrée en portant loin la culture Wassoulou, du nom de cette région à cheval sur le Mali, la Guinée et la Côte d’Ivoire. Qu’il s’agisse des rythmes, des sonorités d’instruments typiques ou bien sûr des textes et des compositions qu’elle signe le plus souvent, la chanteuse se double d’une militante dont les initiatives en faveur de la cause féminine n’ont cessé d’étendre son influence. 

YomXTrio et Dhafer Youssef pour conclure 

Enfin, cette 27ème édition se clôturera avec une étonnante soirée : comme à l’habitude le festival profitera de ses deux parties pour proposer deux concerts bien différents : d’abord Yom x Trio. Disposé comme un triangle visant à une quintessence sonore à écouter les yeux fermés. S’il est déjà venu à Vitrolles le clarinettiste et les deux frères Ceccaldi (Théo au violon et Valentin au violoncelle) se soudent d’une étrange manière pour parvenir à une musique inédite. Même si ici et là l’oreille croit retrouver des sonorités familières, du jazz à la musique de chambre, en passant par des accents de diverses traditions, c’est bien un petit monde musical plein de sérénité et de délicatesse qui se construit en direct. Sans nul doute, le cadre de la scène de Fontblanche rajoutera sa part d’enchantement à ce concert où la profondeur semble être le seul but visé et revendiqué.

Enfin, le Charlie Jazz version été (n’oublions pas le festival d’automne)  retrouvera Dhafer Youssef dans son projet Shiraz, du nom de la femme de l’artiste. Il s’agira donc d’un des projets les plus intimes du chanteur/joueur de Oud, enregistré avec des musiciens qui ne sont surtout pas des inconnus mais qui sera joué à Vitrolles dans une formation en quintet. 

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