Jazz In Lyon

Le contrebassiste lyonnais Christophe Lincontang sort en trio, son premier disque : « Klamath »

Un musicien très recherché. Il était le seul régional de l’étape à participer jeudi 30 avril au concert-hommage dédié à Jean-Pierre Vignola. Celui qui est également professeur à la section Jazz du Conservatoire de musique de Vienne vient de sortir son tout premier disque : Klamath. 

Christophe Lincontang fait partie de ce ces musiciens que l’on nomme « sidemen », ceux qui sont sollicités pour accompagner les autres formations pour leur talent, leur connaissance encyclopédique du répertoire et leur adaptabilité à toutes les formes de Jazz.

Tel est le cas du contrebassiste Lincontang, 53 ans : ce n’est pas un hasard s’il était ainsi jeudi 30 avril le seul régional de l’étape à jouer avec la fine fleur du jazz français (et parisien) pour célébrer musicalement à Sainte-Colombe (Rhône) la mémoire de l’ancien programmateur de Jazz à Vienne, Jean-Pierre Vignola.

La liste des formations et de musiciens avec lesquels il a joué est fort longue. Ce contrebassiste qui a débuté avec la flûte traversière avant de passer à la basse, puis  enfin à la contrebasse, le plus souvent au service des autres a joué aussi bien avec Archie Shepp, Sangoma Everett (avec qui il a accompagné la chanteuse La Velle,  voire Mario Stanchev, voire encore plus récemment Baptiste Herbin ou Nicolas Folmer ; sans oublier le « Collectif Trente » qui regroupe les professeurs du Conservatoire Jazz de Vienne…

« Ça me plaît de plonger  dans les standards », reconnaît-il.

Relativement dans l’ombre jusqu’à présent, il prend désormais la lumière : il sort de sa réserve et vient de sortir son tout premier disque : « Klamath » sur le label ACEL qui a été présenté après deux résidences le 24 avril dernier au Hot Club de Lyon.

Après près de trente années de carrière, il a fallu un déclic pour que Christophe Lincontang, passé par l’ENM de Villeurbanne, saute le pas de la composition et de la formation de son propre groupe.

« C’est Ludwig Laisné, le président du Hot Club de Lyon qui m’a poussé à faire cet album  alors que je n’avais aucune composition dans ma besace, ou presque », reconnait-il.

C’est ce même Ludwig Laisné qui a assuré la prise de son et le mixage de l’album.

 

Le mouvement était lancé : il écrit sept compositions en un an et s’entoure de deux musiciens avec qui il aime travailler : Benoît Thevenot, un pianiste d’une grand finesse qui sait faire vibrer les mélodies du contrebassiste, leur apportant une grande limpidité, ainsi que  le batteur britannique installé en France, Andy Barron au subtil jeu de balais.

Pour expliquer l’esprit de ce 1er album, Christophe Lincontang propose de s’attarder sur la photo de couverture prise par son épouse lors d’un voyage à Klamath, une ville de Californie à l’atmosphère particulière au bord de la Côte Pacifique qui a donné son titre à l’album.

« Réaliser cet album m’a permis de saisir l’occasion de faire le bilan, la synthèse de toutes les musiques qui m’ont nourries, mixant des styles différents qui me ressemblent… », détaille-t-il.

Et effectivement, avec élégance et délicatesse, mais non sans une certaine étrangeté travaillée, c’est un album  qui propose un voyage en huit étapes, au sein duquel,  chaque morceau  évoque une atmosphère propre.

C’est donc l’album de la maturité pour Christophe Lincontang qui sans céder aux sirènes et aux modes du moment, a su exprimer en parfaite symbiose avec ses deux accompagnateurs, sa propre musique intérieure.

Dès les premières mesures, de « Kimono » qui ouvre l’album, à « Banlieue » co-écrit avec Lamine Diagne, qui le clôt,  le trio nous emmène à travers une mosaïque d’atmosphères  au swing élégant, distillant ses paysages sonores harmonieux  magnifiés par la magie du Jazz.

Le sideman a pris de l’altitude…

Teaser du disque Klamath : https://www.facebook.com/watch/?v=959914646423577

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