Malgré quelques jauges parfois un peu faibles, comme lors de la soirée Monty Alexander avec un opéra de St-Etienne pas complètement rempli, comme l’aurait voulu cette forte affiche, le Rhino Festival a affiché pas moins treize concerts à guichets fermés sur un total de quarante-deux. Les amateurs de musique bleue ont bien répondu un nouvelle fois. L’originalité de ce Festival itinérant y est sans doute pour quelque chose…
Ni l’ambiance anxiogène du moment, ni les problèmes de pouvoir d’achat n’ont entamé l’appétence du public pour le jazz et les musiques cousines au cours des trois semaines du RhinoFestival qui a après avoir déroulé ses concerts du 25 septembre au 18 octobre, vient de se terminer.
D’ordinaire, le Rhino Festival attire en moyenne près de 15 000 spectateurs sur trois semaines.
« En attendant les chiffres définitifs que nous n’auront pas avant trois semaines, il semble bien que nous serons dans la lignée des précédentes éditions », se félicite Ludovic Chazalon, directeur artistique du Festival, à l’heure du bilan de l’édition 2026.
« Il est ravi de constater que le public, confiant, attentif, a été toujours aussi présent cette année et les retours que nous avons eu de ce même public sont très positifs. Je pense que vu la conjoncture, on s’en est très bien sorti ! »
Ce qui paradoxalement a favorisé cette bonne tenue, c’est le mode itinérant de ce Festival quelque peu atypique qui s’est déplacé cette année dans trente-six communes de la Loire, essentiellement ; mais aussi dans le Rhône avec plusieurs concert qui ont fait le plein, comme celui de Kyle Eastwood au Radiant.
« Cela fait quarante ans que le Rhino fonctionne avec ce schéma là. En général, 40 à 50 % du public des concerts habite sur la commune où il se déroule », explique le directeur artistique d’un festival qui au fil des années a su fidéliser son public. C’est donc un Festival qui apporte la bonne parole bleue dans les villages et les villes moyennes de la Loire, pour une grande part, avec l’implication forte des élus.
Cette proximité constitue donc un atout à l’heure du carburant cher.
« D’autant, précise Ludovic Chazalon, que nous faisons en sorte que les places restent abordables ». La majorité des prix des billets des concerts tourne en effet autour de 15/20 euros.
Le Rhino est aussi réputé à juste titre être un festival de découvertes. Nombreux étaient cette année les artiste sà s’y produire pour la première fois.
Cette année, Ludovic Chazalon a noté dans ses tablettes des artistes particulièrement prometteurs qu’il entend faire revenir lors d’éditions à venir, à l’instar du pianiste brésilien Amaro Freitas « extrêmement créatif » ; La chanteuse Emma Lamadji ; une autre chanteuse Nicole Rousselle en compagnie de Dimes « qui ont été formidables » ; le bluesman Andy Bacon et « la grande découverte » Jane Jeresa alors lors de la nuit du Blues ; ainsi que le duo Cherif Soumano à la kora et Sébastien Giniaux à la guitare…
La prochaine édition se déroulera à peu près aux même date : autour des 25/26 septembre 2027 jusqu’à la deuxième quinzaine d’octobre.
« La formule sera conservé », assure déjà Ludovic Chazalon. Pas de raison de changer même si la mer s’avère encore une peu houleuse…
Ce qui le meut : « c’est toute cette énergie, ce ressort de la création. Il existe toute une nouvelle génération de musiciennes et de musiciens qui connaissent à fond l’histoire du Jazz dans toutes ses composantes, c’est très intriguant ; il n’y a pas de rupture de génération et c’est réjouissant, le Jazz continue de se réinventer… »
Photo : Ludovic Chazalon, directeur artistique sur la scène de la « Grange » à Chateauneuf, dimanche 18 octobre, présentant le concert Back in town.
