Elle était déjà passée, il y a longtemps, sur la scène du Péristyle de l’Opéra de Lyon, puis à l’Opéra Underground en sous-sol. Cette fois, mardi 3 février, pour la première fois, Anne Pacéo accompagnée de son sextet occupait la grande scène de l’Opéra de Lyon. Avec les décors de l’œuvre actuellement jouée, « Louise » de Gustave Charpentier : ce concert a pu se dérouler car mardi c’était jour de relâche !
Cette programmation dans la grande salle de l’Opéraavait à son origine la version underground, la scène dédiée en sous-sol aux musiques du monde et au Jazz, mais l’affluence était telle qu’elle nécessitait la grande salle, le concert drainant sans surprise, près de 1 200 spectateurs.
Des spectateurs assurément ravis de leur plongée dans l’Atlantis, le 8ème et dernier album d’Anne Pacéo, consacré, vu son titre au monde aquatique. Et notamment à l’expérience de plongeuse sous-marine d’Anne Pacéo, une nouvelle activité qui lui a, à la fois procuré un immense bonheur, « un sentiment océanique, fait d’apesanteur et dissolution du temps », dit-elle, mais aussi parfois des peurs incontrôlées que cette compositrice a traduite dans les treize morceaux de l’album Atlantis dont une bonne part a résonné ce soir sur la scène.
Si le concert du sextet d’Anne Pacéo peut être estampillé Jazz, du fait de la place donnée à l’improvisation octroyée à chacun des musiciens portés par la vague musicale qui ne s’en sont pas privés-avec de belles envolées lyriques, notamment du pianiste Gauthier Toux-,la texture musicale de l’ensemble est assurément hybride, faisant notamment appel à la pop musique et aux musiques électroniques.
Ce voyage dans l’Atlantis version Anne Pacéo a permis au public de surfer sur des émotions sans cesse en mouvement, changeantes, hypnotiques parfois avec des rythmes obsédants presque tribaux, ou alors d’une grande douceur façon Grand Bleu ; voire emmenant le public dans un monde parfaitement onirique, laissant même percevoir un moment une ambiance presque inquiétante.
On retrouve là la grande richesse narrative d’Anne Pacéo qui nous emmène à chacun de ses albums là où on ne l’attend pas.
Ce concert au long cours proposa en sus deux escales : Anne Pacéo avait invité la chanteuse Laura Cahen qui interpréta avec sa voix aérienne et fragile deux chansons dont le magnifique « Tant qu’il y a de l’eau » composé et co-écrit avec la chanteuse.
Sans doute d’ailleurs, le morceau de l’album qui a eu le plus de succès et qui le résume le mieux.
C’est ce qu’exprima le public en faisant un triomphe à la batteuse, chanteuse et compositrice qui sait si bien emmener le public dans son univers…
Line-up-Anne Pacéo – batterie, chant ; Maya Cros – claviers ; Gauthier Toux – piano, claviers ; Christophe Panzani – saxophone ; Lilian Mille – trompette ; Isabel Sorling – chant, percussions ; Laura Cahen – chant.
