Jazz In Lyon

Parfum de Jazz, édition 2026 : de Pierrelatte à Donzère  

Partenaire du festival, la ville de Pierrelatte a décidé fin mars de lui tourner le dos. Qu’à cela ne tienne, c’est Donzère, à trois pas de là, qui accueillera les deux derniers concerts de la 27ème édition : la chanteuse Marion Rampal et la saxophoniste Sophie Alour 

Le 15 mars dernier, Alain Gallu, maire sortant de Pierrelatte (DVD) était réélu au premier tour des élections municipales (2026-2032) en remportant 50,75% des suffrages. Le 26 mars, donc onze jours après le scrutin, le festival Parfum de Jazz qui tenait ce jour là son assemblée générale et qui s’apprêtait à publier son programme de concerts prévu en août, entre Baronnies et Tricastin, était informé que Pierrelatte, partenaire et ville d’accueil du festival depuis plusieurs années, n’accueillerait pas ses deux concerts de clôture, pourtant prévus de longue date. 

Une décision qui intrigue : s’il est courant qu’à la suite d’une élection, la nouvelle équipe élue (Région, Métropole, Département ou Commune) remette en cause les choix et les priorités de l’équipe précédente, il est beaucoup plus rare qu’une équipe reconduite taille aussi rapidement dans le vif, au risque d’abord de se contredire, et surtout de fragiliser voire de compromettre un évènement local qui est dans sa dernière ligne droite. 

Le concert de Marion Rampal à Saint-Paul-Trois Châteaux

En effet, la ville de Pierrelatte participait pour 20 000 ou 25 000 euros au budget du festival. Joint par le Dauphiné, Alain Gallu met en avant le côté « élitiste » d’un tel festival, critiquant donc à mots couverts ses choix musicaux, au risque de renvoyer une image peu flatteuse de cette commune et de ses habitants. Et au risque de laisser penser que le nombreux public qui avait accouru à Saint-Paul-Trois Châteaux le 25 août 2018 pour assister au concert « Attica Blues » de Marion Rampal lors de la 20ème édition du festival ne serait pas tenté de rejoindre Pierrelatte huit ans après, alors que son projet « Tribute to Abbey Lincoln » est plébiscité.  

D’autres éléments ont-ils pu entrer en ligne de compte ? On se souvient que l’an passé, le festival avait avancé ses dates en Tricastin, (au 23 et 24 juillet), inversant son « déroulé » traditionnel,  afin d’éviter la traditionnelle déperdition constatée au mois d’août, vacances obliges, dans une commune peu réputée pour son tourisme. Une idée soufflée par Pierrelatte ?

Le festival n’est pas un inconnu à Donzère

A toute chose, malheur est bon ? Pierrelatte se retirant, c’est Donzère, à quelques kilomètres de là, qui accueillera ces deux concerts et qui fera peut-être la bonne affaire. Déjà, en février dernier, Parfum de Jazz y avait proposé le spectacle « Bestioles Blues Bazar » auquel avait participé 150 enfants venus de Donzère comme de Pierrelatte et autour.  Et d’un « Jazz Gourmand » gratuit à des interventions en hiver et en automne, le festival n’est surtout pas un inconnu à Donzère. A la mairie, on se souvient aussi qu’un professeur de chant de la commune organisait des ateliers d’initiation en amont du festival. 

Reste que l’incident de Pierrelatte met une fois de plus en lumière les difficultés que rencontrent les initiatives culturelles dès qu’on s’éloigne des métropoles florissantes, malgré la mobilisation d’associations et de bénévoles pour faire vivre leur territoire. Il met aussi en évidence ce poncif répandu que le jazz n’aurait pas, en ville comme ailleurs, un vrai public curieux et en demande de concerts.

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