Jazz In Lyon

Quentin Dujardin en 4tet à Vienne : un univers musical empreint de fraicheur et de singularité

L’univers dans lequel a emporté le public le guitariste Quentin Dujardin qui s’est produit jeudi 23 avril en quartet au Manège à Vienne n’est assurément pas celui des sentiers battus et rebattus.

Armé de la grâce et de la douceur de sa guitare à cordes de nylon, ce qui n’est pas si courant dans le Jazz, il a transporté le public présent pour ce concert qui était organisé en partenariat par  le théâtre François Ponsard et Jazz à Vienne, dans des sentiers jazzique que l’on n’a pas coutume de croiser.

Et ce, avec un goût affiché du risque pour les chemins de traverse où il ré-invente en permanence son propre univers.

C’est sans doute pour cela que d’emblée, on ne rentre par immédiatement dans sa musique qui désarçonne quelque peu, dont il faut s’imprégner progressivement pour la goûter pleinement.

A quelques exceptions près, une reprise de Stromae à la tonalité tragique « L’enfer » et une composition de l’accordéoniste Didier Laloy dédiée à sa fille Alma, également musicienne :  la plupart des morceaux joués ont été composés par Quentin Dujardin et  tirés de son dernier opus intitulé  « Saison orange ». 

A la base, le morceau choisi, »Saison orange » pour donner son nom à ce disque, n’a rien de particulièrement joyeux : il fait référence à cette « cinquième saison »: celle dont la nature se pare entre l’hiver et le printemps ; celle de ces champs  recouvert autour de son village du côté de Liège en Belgique et rendus orangés par des nuages de pesticide.

 Une composition qui paradoxalement s’est révélée à la fois empreinte de fraîcheur et de nostalgie…

Débutant par un solo de guitare, elle prend ensuite son envol rythmique avant d’entamer un dialogue fécond avec l’accordéon diatonique.  L’entremêlement des deux solistes. est d’une alchimie douce et rare.

Comme quoi, de la dystopie peut aussi naître le beau…

Ce concert a aussi constitué une belle révélation, celle d’un autre artiste belge, Didier Laloy musicien qui se révèle un des représentants les plus actifs du renouveau de l’accordéon diatonique en Europe.

Sans oublier Manu Katché qui en fin de concert gratifia le public d’un long  et époustouflant solo de batterie dont il a le secret…

Photos : PHILIPPE SASSOLAS

Line-up : Quentin Dujardin (guitare nylon & baryton, loopstation) ; Didier Laloy (accordéon diatonique) ; Nicolas Fiszman (basse) et Manu Katché (batterie)

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