Jazz In Lyon

Résurrection inattendue du groupe lyonnais « Killdozer » mené par Robert Lapassade lors de la Nuit du du Blues du RhinoFestival

La « Nuit du Blues », lors de l’avant-dernière journée du RhinoFestival, salle Aristide Briand à St-Chamond,   a été marqué par une résurection inattendue, celle du groupe Killldozer. Une soirée riche qui s’est déroulée aussi en présence du chanteur  de Blues britannique Andy Balcon et en final de la soirée, la révélation Jane Jeresa.

Disons le tout net, en deuxième partie de soirée,  ce n’était pas du Blues proprement dit mais une formation à la confluence du rock, du rhythm’n Blues et de la soul. Mais ce fut un belle surprise offerte par le Rhino, celle de voir un dinosaure bio se révéla en excellente forme et à la voix toujours précise : Robert Lapassade.

Flash back. Souvenez-vous, en 1978. Lyon et dans une certaine mesure Givors,  était la capitale du rock français. Marie et les Garçons, Electric Callas, Starshooter, Carte de Séjour, Ganafoul, Factory, électrifiaient les foules.

Dans cette mouvance, un autre groupe fondé entre Lyon et Givors se distingue de tous les autres  en mêlant le rhythm’n Blues, la soul  et le rock. Une hybridation singulière pour l’époque  qui reste, on pu s’en rendre compte sur scène,  toujours actuelle.

A sa tête Robert Lapassade qui outre ses activités musicales a connu mille et une vie  dans la galaxie musicale lyonnaise, comme animateur radio (Bellevue, Jazz Radio), attaché de presse (Jazz à Vienne) et journaliste. Une figure lyonnaise, mais aussi un vrai passeur, incollable en matière musicale.

Certes Killdozer aura une courte vie, mais aura marqué l’époque en imposant ce qui faisait son originalité, son style unique,

 En témoignera un seul album, devenu un collector mythique, enregistré en 1980 pour CBS au légendaire Scorpio Studio de Londres avec l’appui d’une section cuivres du cru, et gravant onze titres chantés en anglais dont huit compos et trois reprises emblématiques, parmi lesquelles Funky Street d’Arthur Conley, My Thang de James Brown, voire encore First I look at t he Purse.

Ce sont quelques uns de ces morceaux que l’on put ouïr lors de cette Nuit du Blues, au groove très dansant, avec un gros son balançant une forte énergie alimentée notamment par  une section de cuivre qui envoie. 

 Etre en avance sur son temps a un inconvénient, avec peu de ventes et de concerts, Killdozer disparaîtra en 1982.

Pourquoi alors ce retour pour le moins inattendu et en tout cas réussi ? En fait la parution en 2022 d’un vinyle vintage pour Simplex Records, rassemblant des maquettes inédites de Killdozer, qui  a convaincu Robert Lapasade et ses musiciens de relancer la machine à sons sous l’étiquette de « Sons of Killdozer ». 

Au sein de cet octet on retrouve  deux guitaristes historiques, Yves Rotacher  à la batterie, mais aussi de nouveaux venus comme le soutien de  la brillante  chanteuse soul Marina Venet ; sans oublier  les cuivres de Fred Roudet à la trompette et Phil Gilber au saxo qui savent superbement colorer la formation. 

Bref, ce soir là, Robert Lapassade  et ses musiciens nous ont offert la surprise du chef. Et dans tout ça, de surcroît, il n’y avait pas de nostalgie car Killdozer est une formation finalement à la résonance très contemporaine. Et là ce n’est pas la moindre des surprises…

Line-up-Robert Lapassade : voix – Marina Venet : voix – Édouard Gonzalez : guitare – Jean-Pierre Gouillon : guitare – Yves Rotacher : batterie – Fred Roudet : trompette – Phil Gilber : sax

Andy Balcon plus Mississipi que Chicago

C’est Andy Balcon, qui ouvrit la soirée. Un chanteur britannique qui s’exprimait ce soir là en solo, accompagné de sa guitare, à la voix parfaitement bluesy qu’il a pourtant tendance à forcer un peu trop parfois et qui manque donc de nuances.

Reste que ce  guitariste, chanteur et auteur-compositeur, plus Mississipi que Chicago, véritable autodidacte du Blues a parfaitement adopté les codes du genre et a su emballer le public.

La révélation Jane Jeresa

Ludovic Chazalon, le directeur artistique du RhinoFestival  nous avait promis une révélation  à l’occasion du dernier plateau de cette Nuit du Blues  qui s’est terminée avec  Jane Jeresa, une jeune chanteuse  qui commence à sérieusement émerger sur la scène blues internationale.

Ses influences vont d’Aretha Franklin, en passant par Etta James, Nina Simone, Ella Fitzgerald, voir encore Anita Baker…

Mais elle a démontré lors de cette Nuit du Blues qu’elle avait su emprunter son propre chemin, aidée, il est vrai par le timbre profond  de sa voix qu’elle sait brillamment colorer de soul, qu’elle sait faire vibrer faisant passer une incontestable émotion et une forte présence scénique.

On devrait rapidement la revoir…

Au final, donc cette Nuit du Blues qui a  complètement évité d’être répétitive vu les trois très différents genres musicaux proposés, a permis au public  d’ouïr trois facettes du genre. Le Blues est bien multiple…

Line-up-Jane Jeresa : voix – Pablo Leoni : batterie – Andrea Caggiari : basse – Roberto Morbioli : Guitare – Luciano « Lucky » Pesce :  voix, claviers

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