Jazz In Lyon

Un Forum international sur le jazz s’est déroulé à Vienne : pour amener les formations régionales à s’exporter hors de France

Plusieurs centaines de musiciens, programmateurs, producteurs, etc, venus de toute l’Europe, mais aussi du monde entier se sont réunis à Vienne pendant quatre jours du 29 juin au 2 juillet sous la forme d’un Forum international, durant le Festival de Jazz. L’un des principaux objectifs de ce rassemblement ambitieux  dont c’était la 2ème édition, était de promouvoir nos formations de jazz régionales et françaises à l’international. Bilan tiré par Pascal Buensoz, secrétaire général de JazzRA, la plateforme des acteurs du Jazz en Auvergne-Rhône-Alpes, le maître d’œuvre de cette manifestation. Entretien.

Pourquoi ce Forum à Vienne pendant le Festival de Jazz et combien de participants ?

Pascal Buensoz– Le principal objectif de ce Forum  était de mettre en œuvre les moyens pour exporter nos formations musicales  régionales, mais aussi nationales, pour qu’elles puissent prendre une dimension encore plus importante.

Ce Forum a rassemblé près de 300 professionnels venus de  toute la France, mais aussi d’Arménie, de Turquie, du Québec, etc. On a également pu noter  une présence importantes du monde du Jazz polonais.

Justement donc, au bilan, comment exporter en ce qui nous concerne en Auvergne Rhône-Alpes nos formations régionales pour qu’elles puissent  également rayonner en Europe, voire au-de-là ?

Pendant ces quatre jours, nous avons organisé à  destination des programmateurs présents, des speed meetings, des concerts de court format. Cela a  très bien marché puisque nous avons réussi à organiser près de 360 rencontres individuelles entre programmateurs et musiciens en quatre jours.

Pour organiser ces rencontres, mais aussi  les conférences, les ateliers, nous avons bénéficié des sites de Jazz à Vienne,  en l’occurrence  des Jardins du Jazz, de l’Eglise Saint-Pierre, du Club, etc.

L’Arfi et Fœhn en tournée au Brésil 

Quelles retombées attendez vous pour les formations de jazz régionales, mais aussi celles venues d’autres régions françaises ?

Il est bien sûr trop tôt pour le dire, mais en fait à une moindre échelle, nous avions déjà organisé l’année dernière un tel Forum avec un certain nombre de retombées visibles. 

Des formations de la région, comme Fœhn, mais aussi l’Arfi ont ainsi, toutes deux pu bénéficier d’une tournée au Brésil, par exemple, l’année dernière.

C’est la raison pour laquelle, nous sommes passé à cette année à un format supérieur. Et vu les résultats, il est évident désormais que le concept de ce Forum va être pérennisé.

Un enjeu important donc pour la filière Jazz de la région ?

Tout-fait : il ne faut pas oublier qu’après l’Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième région Jazz de France où le Jazz rayonne et qu’on y compte actuellement près d’un millier de projets musicaux orientés autour du Jazz !

A une période où les collectivités  tendent à réduire leurs subventions, organiser un tel Festival n’est-il pas lourd financièrement  ?

Absolument,  cette année le Forum a représenté un budget de près de 100 000 euros.

Sans l’aide de Jazz à Vienne qui s’est beaucoup impliqué, nous n’aurions pas réussi à le mettre en place. Nous avons été également été accompagnés par la Région, la Sacem, l’Adami, le CNM (Centre National de la Musique) et l’Institut Français.

Ce type de Forum est-il le seul à exister en France pour le Jazz ?

Non, Jazz sous les Pommiers à Coutances en Normandie joue également ce rôle.

Face aux méga-concerts, face aux plateformes, il faut que le Jazz s’organise. Or, on sait que la filière Jazz, comme d’autres dans le cadre plus général  du spectacle vivant, est en situation de grande fragilité.

Elle est due à la baisse des budgets dévolus à la culture, à la moindre présence du Jazz dans les grands médias. Pour pouvoir continuer à multiplier les concerts, les musiciens de jazz doivent également se révéler artisans-entrepreneurs, ce fut également l’un des thèmes de ce Forum. 

C’est  également très important pour l’économie de notre pays. 

N’oublions pas que la Culture en France, représente à elle seule  sept fois l’équivalent du chiffre d’affaires de l’industrie automobile !

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