JEAN LOUIS ALMOSNINO TRIO . If I had seen
Joseph Records
Jean Louis Almosnino : guitare![]()
Thomas Bramerie : contrebasse![]()
Franck Agulhon : batterie
Pris par ses nombreuses activités d’enseignement à feu L’Aimra et dans les conservatoires de la région Rhône-Alpes, qu’il soit enseignant ou responsable de département jazz, le guitariste Jean-Louis Almosnino ne fait peut-être pas la carrière qu’il aurait mérité. Ce gaucher qui swingue en profondeur avec un jeu toujours juste aux articulations fluide, s’il maîtrise parfaitement « the great songbook », est aussi un compositeur d’une épatante sensibilité. Beaucoup l’ignore, mais il est philosophe… Il joue du jazz, il le vit, cela fait environ six décennies, il fait des rencontres musicales, croisant au passage des pointures internationales qu’il conquiert par sa justesse et son savoir, et se veut en perpétuelle évolution, un genre de classique contemporain ou une sorte de contemporain classique doté d’une personnalité musicale forte. De notre point de vue, il est donc un jazzman normal, mais dans un contexte de loisir musical de masse, être libre est un lourd handicap. Pour ce double album consacré entièrement à ses compositions, il est accompagné par le contrebassiste Thomas Bramerie et le batteur Franck Agulhon, une rythmique redoutable d’efficacité et de musicalité. Les trois entretiennent au gré des titres un échange mélodique fructueux qui ne laissera pas de séduire l’auditeur par ses qualités intrinsèques. Recommandé.
https://inouiedistribution.pro/jean-louis-almosnino/#Biographie
CHET BAKER . Shine
Red Records
Chet Baker : trompette, chant![]()
Nicola Stilo : flûte, guitare![]()
Michel Grailler : piano![]()
Rocky Knauer : contrebasse
Red Records est un label milanais indépendant, existant depuis 1976, qui publie des nouveautés et des rééditions. L’enregistrement en public de Chet Baker qu’il propose ces jours-ci a été effectué le 9 décembre 1987 à Ferrare, soit à peine six mois avant qu’il expérimente le vol libre depuis la fenêtre de sa chambre batave. L’on y retrouve l’italien Nicola Stilo, qui l’accompagna souvent dans la dernière décennie de sa vie, le fidèle, l’époustouflant Michel Grailler et l’inconnu allemand de service, Rocky Knauer à la contrebasse. Baker est en forme et très bien soutenu par ses collègues, ce qui donne à écouter un live de très bonne facture qui ne nuit pas à son héritage. Grailler est à son meilleur niveau, tout comme Stilo, et le contrebassiste fait bonne figure. Ce n’est pas un disque essentiel dans la carrière de Chet, mais cela demeure un témoignage vibrant de son passage musical sur terre. À noter une version d’Almost blue voix / guitare avec Nicola Stilo tout à fait convaincante.
https://redrecords.it/en/artists/chet-baker/
PAT METHENY . Side III+
Uniquity Music
Pat Metheny : guitare, sons, synthétiseur![]()
Chris Fishman : claviers, piano, orgue![]()
Joe Dyson : batterie
Invités :![]()
Darryl Jones : basse![]()
Brandee Younger : harpe![]()
Luis Conte : percussion![]()
Vincent Peirani : accordéon![]()
Mark Kible, Natalie Litza, Kim Fleming, Kim Mont, San Franklin, Stephanie Hall, Joel Kivbble, Terry White, Armand Hutton : voix![]()
Leonard Patton : voix (5)![]()
James Francis : orgue (4)
Combien de disques Pat Metheny a-t-il sorti depuis ses débuts ? On ne donnera pas de chiffre et encore moins de nombre. Toujours est-il que voici son petit dernier et que, comme à l’habitude, il y a du niveau. Ceci posé, nous n’avons pas trouvé dans cet album un morceau qui sorte du lot, vous savez le truc mélodique en plus qui fait que vos oreilles n’arrivent plus à s’en débarrasser, genre Are you going with me par exemple. L’esthétique globale est proche du Pat Metheny Group d’antan, ce qui ne nous a pas dérangés, auquel quelques sonorités plus actuelles et un groupe vocal s’ajoutent. Tout est en place, une once de blues, une goutte de gospel, de la mélodie, du jazz, un zeste de rock, ça fusionne quoi. C’est nickel, irréprochable, raffiné, élaboré, poli et affiné, et il nous a manqué, allez savoir pourquoi, ce petit quelque chose qui fait la différence et qui donne à un disque une place de choix (dans la catégorie « à écouter régulièrement ») sur nos étagères. Les aficionados et autres inconditionnels adoreront, ceux qui ne connaîtraient pas encore l’artiste le découvriront avec plaisir.
PIERANUNZI/POLGA/FONNESBÆK/BEGGIO . Perspectives
Red Records
Enrico Pieranunzi : piano![]()
Michele Polga : saxophone![]()
Thomas Fonnesbæk : contrebasse![]()
Mauro Beggio : batterie
Trois italiens et un danois pour un quartet évoluant dans un jazz que l’on considère comme classique aujourd’hui mais qui, en son temps, fut nouveau. Les plus connus des quatre, ce sont bien sûr Enrico Pieranunzi et Thomas Fonnesbæk. Nous avouons volontiers avoir découvert avec cet enregistrement Michele Polga et Mauro Beggio. Dans l’ensemble, c’est travaillé aux petits oignons, les chorus et les soli s’enchaînent avec brio et inventivité. Bien évidemment, les mélodies succèdent aux mélodies avec ce je-ne-sais-quoi de transalpin qui les démarquent (et les démarquera toujours) du reste du jazz. Ici, elles s’expriment avec un romantisme discret et une forme très aboutie de mélancolie. On ne s’en lasse pas mais, il y a souvent un mais, il nous a semblé que l’ensemble était un tout petit peu trop sage. Un grain de folie n’aurait pas nui. Cela demeure tout de même un disque très recommandable.
https://www.enricopieranunzi.it/
REVERSO . Between two silences
Alternate Side Records
Ryan Keberle : trombone![]()
Franck Woeste : piano![]()
Vincent Courtois : violoncelle
Le trio transatlantique Reverso est, dans son genre, une référence en matière de jazz chambriste. Constitué de trois virtuoses qu’on ne présente plus, il propose dans ce nouvel enregistrement un hommage à Erik Satie, le plus iconoclaste des compositeurs du XXe siècle, qui à notre humble avis fera date. Tout Satie est là, tout Reverso aussi. L’univers esthétique de Satie, son art du silence, son humour, son ironie, sa profondeur primesautière ( ?), sont pris à bras le corps par le trio qui au passage les réinvente avec un aplomb saisissant. Les lignes mélodiques s’entremêlent pour mieux s’unir autour de la figure inclassable qui affirma un jour qu’il était « venu au monde très jeune dans un temps très vieux ». Le trio, avec ses qualités imaginatives, réussit le tour de force de présenter un disque nouveau par essence en sublimant le monde satien dans lequel ils ont plongé leurs notes. Assurément et comme nous, vous plongerez avec eux dans ce bain musical vivifiant. Si ce n’était pas le cas, consultez rapidement un spécialiste des esgourdes. Un disque indispensable.
CHRISTOPH IRNIGER/MARC PERRENOUD . New Lines
Unit Records
Christoph Irniger : saxophone![]()
Marc Perrenoud : piano
Inspiré par l’approche conceptuelle de Lennie Tristano, ce beau disque qui discute avec le jazz traditionnel laisse entendre de belles structures harmoniques issues des standards sur lesquelles les duettistes apposent des matériaux mélodiques plus actuels. C’est de la très belle ouvrage et nous qui apprécions grandement les duos avons pris du plaisir à écouter celui-ci. Sur le postulat précité, les deux musiciens suisses s’emploient à créer un univers original qui leur ressemble et qui expose la qualité de leurs jeux respectifs, tout comme le lien musical qui les réunit. Gorgé de belles notes et de beaux silences, cet enregistrement est propice à la méditation (choisissez votre genre) et à l’apaisement. Par les temps qui courent, cela relève presque du luxe et on ne voit aucune raison de s’en priver. Un grand moment de musicalité, de finesse assumée, servi par deux artistes qui ne manquent pas de fond. Vivement recommandé.
http://marcperrenoud.com/![]()
https://christophirniger.com
MCCOY TYNER . The Seeker
Red Records
McCoy Tyner : piano![]()
Bobby hutcherson : vibraphone![]()
Avery Sharpe : contrebasse![]()
Aaron Scott : batterie
Enregistré en public à l’Umbria Jazz Festival le 17 juillet 1993, ce disque ne manque pas de punch. On ne vous présente pas McCoy Tyner, ni Bobby Hutcherson, pas plus que la rythmique d’ailleurs. Quatre compositions du pianiste, une du vibraphoniste, trois standards dont un Monk. Tout l’art du jazz est là, version vitaminée, avec des soli pour tout le monde, donc de quoi réjouir le public italien. Cela démarre à toute vitesse, se poursuit avec une petite douceur avant de repartir sur un tempo plus marqué, pas de quoi affoler un habitué du jazz. Le swing est là, avec une touche bluesy bienvenue. Les quatre musiciens prennent du plaisir à faire tourner une machine qui est parfaitement huilée. Est-ce un live d’exception ? Nous n’irons pas jusque là. Mais c’est un de ces disques joyeux, sans prise de tête, qui ne nuisent pas à la santé. C’est donc suffisant pour y jeter une oreille atentive.


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