Chaque année, à l’automne, le festival Jazzycolors convie le public dans les Instituts culturels ou les ambassades parisiennes des pays associés. Au programme, des formations de jazz, souvent pas ou peu connues, originaires des vingt pays en question, qui démontrent, le temps d’un concert, toute la vitalité du jazz de leur pays. Un exemple à suivre ?
Selma Savolainen et Toomas Keski-Santti de Finlande étaient à l’Institut Finlandais (Photo : Quentinprodphotos)
Il est passé inaperçu, et pour cause. Ce festival de jazz, dénommé Jazzycolors, et qui fêtait de novembre à décembre sa 23ème édition, a pour cadre Paris. Du moins un certain Paris. Organisé par le Forum des instituts culturels étrangers à Paris (FICEP), il consiste en un évènement de 22 concerts de jazz.
22 dates, 22 concerts pour 22 formations de jazz conviées à jouer entre le 27 octobre et le 9 décembre. Normal, pourrait-on dire. Mais son intérêt est ailleurs : si certaines formations ou musiciens nous sont familiers ou habitués des scènes de jazz, comme Bojan Z en piano solo pour le concert d’ouverture (il est le parrain du festival), la plupart des formations invitées sont en revanche peu ou pas connues dans l’Hexagone.
Bulgarie, Luxembourg, Grèce, Corée….. jusqu’au Japon
Veda Bartringer Quartet du Luxembourg, reçu à l’Institut Goethe (Photo : Quentinprodphotos)
A cela, une raison : chaque concert est en fait l’occasion, pour l’un ou l’autre des instituts culturels étrangers installés à Paris ou pour les ambassades, d’inviter une formation jazz de son pays. Bulgarie, Luxembourg, Italie, Suisse, Hongrie, Danemark, Grèce, Canada, Corée, Allemagne, Estonie, jusqu’au Japon : au total, une vingtaine de pays ont ainsi dépêché, via leur institut culturel ou leur ambassade, une formation, le plus souvent inconnue des scènes françaises. Ainsi, l’Autriche avait invité Lakiko et Laurent Nicoud, le Luxembourg le Veda Bartringer quartet, la Hongrie le Parniczky quartet, Taïwan Yenting Lo, la Slovaquie Radovan Tariska, l’Allemagne Karja Haupmann et l’Irlande le Coras Trio.
Oyunn, formation danoise, était pour sa part reçue à la Maison du Danemark. (Photo : Quentinprodphotos)
Une façon aussi de découvrir instituts culturels étrangers ou ambassades
Qui plus est, à l’exception de quelques concerts qui se sont déroulés dans des clubs familiers (New-Morning, l’Entrepôt, le Sunset-Sunside, Le Son de la Terre), la plupart ont eu lieu dans leur propre institut culturel ou ambassade, accueillant le public gratuitement ou presque (ceci expliquant cela). D’où la possibilité d’écouter le Mamiko Watanabe trio à la Maison de la Culture du Japon, le Huu Bac quintet au Centre culturel canadien, Oyun à la Maison du Danemark, le Duo Bruno Santos & Hugo Lobo à l’ambassade du Portugal ou le Germano Mazzocchetti Ensemble à l’Institut culturel italien.
Les musiciens d’EABS, venus de Pologne, avaient invité Brian Jackson au New Morning (Photo : Quentinprodphotos)
Entre découverte d’un jazz inconnu ou peu familier pour un prix modique et accueil dans un lieu culturel souvent inconnu parce que pas toujours ouvert au public, le festival Jazzycolors, itinérant à sa façon, s’est constitué au fil de ses 23 ans, un public et une notoriété à part.
A l’heure où le jazz est de plus en plus menacé de dilution dans un « poum-poum » décibélistique, l’arrivée de formations qui savent développer des trésors d’improvisations sans pour autant se réfugier dans du revival a quelque chose de revigorant.
De là à penser que, même à un moindre niveau, des métropoles de l’Hexagone pourraient profiter, aidés par les consulats, les instituts culturels locaux et autres associations, de la présence de telles formations pour les attirer jusqu’à elles, il n’y a évidemment qu’un pas.
* Jazzycolors organisé par le Forum des instituts culturels étrangers à Paris (d’octobre à décembre 2025)








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