Désireux de ne pas resté scotché au baroque classique, la Trinité à Lyon, a décidé de s’intéresser aussi aux musiques qu’il surnomme « irrégulières ».
C’est dans ce cadre qu’était organisé le week-end du 27 février au1er mars un mini-festival intitulé « Chapelle minimaliste » pour s’intéresser aux recherches musicales communes à John Cage, Steve Reich, voire encore Terry Riley et à leurs articulations actuelles.
Première constatation positive : le public a répondu présent en nombre à ces recherches et originalités musicales, ce qui est d’abord le signe d’une solide curiosité.
Sans doute le concept le plus abouti dans cet esprit (avec également un « Coltrane Contrepoint » du saxophoniste Raphaël Imbert), fut celui intitulé « Bach on the beat » qui, dimanche soir, de manière passionnante et fort aboutie a conclu un week-end riche de sept concerts !
Là, dans ce final, les codes classiques de la musique baroque ont été dynamités.
Imaginez le chef d’orchestre Franck-Emmanuel Compte jouant du clavecin debout, accompagné par Aude Walker-Viry, une violoncelliste André Costa violoniste utilisant un loopers (ou pédale d’effets) mais aussi un beatboxer, Ticko, chargé de la rythmique.
Pour les baroqueux qui ne le sauraient pas, arrivée dans la foulée du hip-hop, la beat box est l’art d’imiter des percussions avec sa bouche.
Ces quatre musiciens s’appuyaient sur des compositions de Clément Walker-Viry qui utilise l’esprit, voire même l’essence de Bach, mais pas sous forme d’arrangements, mais façon musique minimaliste.
Et un petit miracle s’est produit pendant une heure trente. Comme le rappela Franck Emmanuel Comte, musique minimaliste et baroque sont pourtant sur le papier antinomiques.
Autant le baroque aime la boursouflure, les constructions musicales complexes, autant le minimalisme musical exige exactement le contraire.
Et là, pourtant le compositeur et les quatre musiciens de « Bach on the beat » ont provoqué là un miracle d’équilibre entre les deux qui a enthousiasmé le public. Bref, du baroque fort joliment augmenté !
Presque du jazz, grâce à la rythmique du beat-boxer qui fut certes le seul à improviser, mais la qualité, le swing et la créativité de ce concert mêlant plusieurs esthétiques n’aurait pas dépareillé dans un festival de Jazz.
Musique minimaliste, mais maximum d’émotions !




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