Comme chaque année, Pertuis – au-dessus d’Aix-en-Provence- se mue en capitale du big band. Depuis 1999, en effet, elle reçoit, chaque début août, quelques-uns des big band les plus détonnants de la scène jazz actuelle. La plupart des « grands » y sont passés, de Claude Bolling à Gérard Badini, de l’Amazing Keystone big band à des formations étrangères qui restent dans les mémoires.
Au milieu d’une flopée d’évènements « jazz » ou supposés tels qui se succèdent de juin à septembre dans l’Hexagone, il en est un qui tranche par son contenu et sa constance depuis sa création : le festival de Pertuis (sud-Vaucluse), à quelques encablures d’Aix-en-Provence. Un thème, un seul : les big band, ces « machines » à swing qui persistent à rassembler sur une même scène, aujourd’hui encore, près d’une vingtaine de musiciens. Amateurs ou professionnels, novices ou aguerris, qui trouvent tout au long de l’année l’énergie, le temps et l’envie de se retrouver, de répéter toujours et encore pour arriver à l’indicible, lorsque ces 18 ou 20 musiciens n’en font plus qu’un et que l’oreille ne cherche plus à comprendre ou à repérer comment cette magie multicuivrée parvient à opérer.
Sur scène jusqu’à samedi, dix orchestres
D’où l’intérêt de Pertuis : depuis mardi soir jusqu’à samedi, et comme chaque année au début du mois d’août depuis 1999, vont se succéder sur scène dix orchestres, et pour l’essentiel des big band, à charge pour eux de rivaliser avec tous leurs augustes aînés, français ou étrangers qui ont arpenté cette scène avant eux : qu’il s’agisse de Gérard Badini, de Claude Bolling, de l’Amazing Keystone Big Band, et de bien d’autres formations emmenées par Romain Thivolle, Jean-Loup Lognon, François Laudet, Laurent Mignard, Pierre Bertrand et combien d’autres. En chiffres, cela ferait encore plus de bruit : sans compter les formations qui assurent les premières parties de soirée, quelques 2600 musiciens ont répondu depuis le début du siècle à l’invitation et ont visité l’Enclos de la Charité où se déroule le festival.
Le Big band de Pertuis, 42 ans, par qui tout est arrivé
A tout seigneur……il revient au Big Band de Pertuis de lancer le premier soir les hostilités. C’est en effet cette formation fondée en 1984 (21 musiciens) qui donna l’idée quelques années après à la ville de Pertuis de lancer un tel festival, dirigé depuis sa création par Léandre Grau, alors directeur (et musicien) de ce big band qui fête donc ce soir ses 42 ans…..
Depuis, Pertuis a donc accueilli la plupart des grandes formations du genre, révélant au passage la richesse et le succès de ce type de «grande » musique, en France comme à l’étranger : outre le Big Band 31, le Nice Jazz Orchestra ou le Côte Ouest Big Band, il a entre autres accueilli le Brussels Jazz Orchestra, (Philippe Catherine était de la partie), l’Orchestre national de jazz du Luxembourg et combien de big band venus d’Espagne, où l’art de jouer collectif ne se limite pas au football.
L’étonnant Saint Andreu Big Band
Confirmant la chose, on sera attentif à la prestation du Saint Andreu Big Band vendredi : s’il rassemble de jeunes instrumentistes, ce bel ensemble mené par Joan Chamorro, fait montre, thème après thème, d’une cohésion admirable qui ne faiblit jamais.
Auparavant, après le Big Band de Pertuis, le festival aura accueilli le Galaad Moutoz big band (jeudi) qui a vu le jour il y a dix ans et le Big Band Batucada (mercredi). Il se conclura avec le Big Band Brass, tendance revival, qui, comme les précédents, n’est surtout pas un inconnu : Jazz à Vienne avait reçu la formation de Dominique Rieux lors de la soirée d’ouverture de l’édition 2023, renforcée de Baptiste Herbin et Géraldine Laurent, deux des saxophonistes les plus inspirés de la scène jazz actuelle (1).
En première partie (19h30) ne pas oublier aussi des formations de tous poils, souvent familières du festival, de Jazz ô Prunes à Chimère- C. Fourment quartet pour en arriver à David Hermlin, en trio cette fois (jeudi), Jean-Philippe Sempéré (vendredi) et le tromboniste Romain Morello en sextet (samedi).
1) Pour se convaincre de la vitalité des big band, on peut s’amuser à compter le nombre de formations qui, année après année, se transmettent le flambeau dans l’agglomération lyonnaise et surtout s’amuser à consulter les programmes de certains festivals qui continuent de glisser des big band dans leur programmation. On se souvient de l’époque où les big band universitaires américains étaient accueillis à Cybèle, à Jazz à Vienne. Ou ces formations régionales, telles dans l’édition 2023 du Big band du CRR de Lyon au Big band de Vienne en passant par ceux de Saint-Etienne, de l’ENM de Villeurbanne, de Brignais, de Saint-Fons sans oublier le Crescent Super Band ou le Mystère Swing Big band…


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