La pianiste, moult fois primée, arrive au Hot Club ce soir le temps d’un concert unique, escortée de ce qui se fait de mieux en matière de musiciens complices de la première heure. Le temps arrêté
Hier soir, le quintet de Leïla Olivesi au Sunside à Paris : le temps d’un concert à ne pas louper
Cherchez pas : pas un instant, pas une seule mesure inutile, orpheline ou incongrue. L’art du quintet dans ce qu’il a de plus abouti. Le tout dans l’espace ramassé du Sunside à Paris avant d’être ce soir au Hot-Club de Lyon pour un concert à ne pas louper. Pour mille raisons.
Et d’abord parce que Leïla Olivesi arrive à Lyon (pas si courant) avec au bout des doigts son dernier album, African Rhapsody, qui en dit un peu plus sur elle, sur ce qui fait d’elle aujourd’hui l’une des musiciennes les plus attachantes, les plus recherchées, les plus primées.
Au programme de la soirée : African Rhapsody
Cet album sera le sujet de la soirée. Tout y est : les compositions, des racines chères, le rêve musical qui nait dans l’instant, cette ferveur attentionnée qui s’empare des cinq musiciens dès que la cheffe donne le « top départ ». Mais ça ne saurait suffire pour expliquer pourquoi ces compositions (pour l’essentiel signées Leïla Olivesi) subjuguent dès les premières notes, qu’elles soient lancées par le piano (Leïla), la contrebasse (Yoni Zelnik), la trompette/ bugle (Quentin Ghomari) ou la guitare (Manu Codjia), Donald Kontomanou patientant avec un éternel sourire pour apporter ses « accents », ses « pleins et déliés » à même de colorer l’ensemble.
Comme une pyramide musicale peu à peu construite
Qu’il s’agisse des compos de l’album ou d’incursions dans les albums passés, on perçoit mieux la pyramide musicale que s’est construite la musicienne qui cumule non seulement l’aisance pianistique, le sourire, l’art de la composition et le talent de conduire et d’inspirer la formation qui l’entoure, qu’il s’agisse d’un quartet ou d’un nonet… voire plus. Derrière tout cela, aussi, une inlassable quête musicale vers le jazz bien sûr (« Duke », Mary Lou Williams, Wayne Shorter) mais aussi vers le classique ; au point de reprendre périodiquement les partitions de Mendelssohn, de Ravel ou de Debussy. Tant pis, alors, si la jeune musicienne a fait les choses « à l’envers ». Le jazz à 10,5 ans, ce n’est pas si courant.
Comme si le quintet se volatilisait ….
Ajoutez-y les sons et les musiques autres : celles des voyages, de Cuba à l’Afrique en passant par la Thaïlande. Et pour que ça prenne, choisissez et gardez longtemps près de vous quelques somptueux musiciens, tels, répétons-nous, Donald Kontomanou (dr), -premier concert ensemble le 29 octobre 2003 au Baiser Salé-, Manu Codjia à la guitare, arrivé l’année d’après, Yoni Zelnik à la contrebasse, et Quentin Ghomari à la trompette/bugle. Comme si le quintet se volatilisait pour inventer un instrument autre, unique, où tout se fond, se répond, s’enrichit. A charge pour le spectateur de ne pas en perdre une miette. « Pour moi, explique-t-elle, c’est très agréable : ce sont des personnalités, pas des instrumentistes ».
De Duke à Wayne Shorter en passant par Mary Lou Williams
Ce qui permet à la pianiste de vous emmener dans ses chemins de traverse, n’hésitant pas à vous faire chanter ou taper dans les mains pour évoquer ces aînés qu’elle revendique comme autant de parrains : « Duke » d’abord (voir son travail universitaire à ce sujet), Mary Lou Williams (voir la conférence qu’elle lui consacre le 14 mars prochain à Paris), et combien d’autres qui affleurent dans les musiques qu’elle initie. « Je m’amuse beaucoup », dit-elle.
On reviendra sur ses multiples projets dont dès lundi soir (tiens, tiens…..) sa présence à la soirée annuelle de l’Académie du Jazz à Paris-Montrouge, ou le 9 octobre sur la scène de Jazz en Bièvre.
- Hot Club de Lyon : ce soir samedi 7 mars, 20h30. Leïla Olivesi quintet, avec Leïla Olivesi (p), Donald Kontomanou (dr), Manu Kodja (gr), Samuel R’Hima (cb).
- Hier soir, Leïla Olivesi en quintet au Sunside à Paris



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