De mercredi à dimanche, ce festival qui fête sa 16ème édition, accueillera sous son chapiteau neuf concerts de jazz, du duo au big band, sans limite de style ou d’inspiration. Chaque mois de septembre, Jazz sur les Places sonne ainsi à sa façon le redémarrage de l’année jazz à Lyon. Gratuitement. Par les temps qui courent, un petit tour de force
Jazz sur les Places ? En résumé, neuf concerts de jazz de mercredi 16 à dimanche 20 septembre, tous donnés sous chapiteau place Benoît Crépu, à deux pas de la Saône, quartier Saint-Georges. Premier concert à 18h30. Le deuxième à 20h30. Sauf samedi 19, où trois concerts se succéderont à partir de 16h30 et dimanche 20 où Jazz sur les Places se bouclera par une Jam session qui démarrera à 11 heures : y viendra qui veut, pour jouer ou pour écouter.
Ajoutez à cela que l’ensemble des concerts est gratuit et que Philippe Dechevre, le concepteur-animateur-programmateur-homme à tout-faire de l’évènement, parvient donc à attirer ici chaque année quelque 3 500 spectateurs sur les quatre soirées et à installer sur scène, 40 à 50 musiciens. Le tout avec un budget de 45 000 euros, provenant de diverses collectivités (dont Région et Métropole) ou organismes (tel Lyon Parc Auto). Les « rentrées » de la buvette jouent aussi leur rôle, tout comme -« La Cagnotte »- cet appel aux dons, même minimes, que le festival tente cette année pour la première fois (voir ci-dessous).
Un festival de jazz à Lyon ? Pas si simple
Outre l’intérêt d’un festival jazz qui se déroule – fait rare- au coeur de Lyon, dans une ville peu propice à ce type d’évènements, et qui, à sa façon, ouvre la saison, Jazz sur les Places se caractérise par la diversité de sa programmation : ici, pas de thème, de militantisme genré, de « monstre » à fabriquer du cash, mais des formations de toutes dimensions et de tous styles, du solo au big band, en égrenant tout ce que le jazz sait proposer.
Démonstration dès la soirée de lancement, mercredi 16 avec d’abord un duo plongeant dans le stride, façon racines du jazz : (Cédric Granelle, piano, et Adrien Bernet, perdu), suivi du Tango Jazz Quartet, formation venue d’Argentine qui fusionne avec un certain talent le jazz et le tango.
Démonstration encore le lendemain avec l’arrivée du Big Band d’Oullins : 17 musiciens, cuivres, rythmique, accordéon et Carine Bianco pour marier l’ensemble. L’occasion de rappeler que l’agglomération lyonnaise abrite, plusieurs big band de qualité qui font vivre le répertoire quelles que soient les difficultés inhérentes à ce type de grande formation.
Suivra le saxophoniste Julien Hucq, qui a ses habitudes à New York et qui s’installe ce soir-là aux côtés du TnT Trio, formation familière, composée de Benoît Thévenot (piano et clavier), Greg Théveniau (basse électrique) et Hervé Humbert (batterie). Le TnT Trio ou l’art d’aller au-delà des instruments, de mixer à trois styles, inspirations et improvisations. D’où l’intérêt de cette rencontre impromptue.
Retrouvailles avec Wilhelm Coppey et Bernard Jean
Wilhelm Coppey et Bernard Jean ensemble : chez ces deux musiciens habitués des scènes lyonnaises, il s’agit ici d’un exercice délicat. Certes, le pianiste comme son alter ego sont des habitués des duos, ces tête-à-tête ou pas-de-deux où l’équilibre est ou doit être constant sinon fusionnel. Mais la rencontre d’un piano et d’un vibraphone est moins banale qu’il n’y paraît.
Ce même soir, rendez-vous avec Cyril Drapé en quartet. Le contrebassiste est d’autant plus à l’affiche qu’il s’est distingué récemment via un concours national où il finit en tête mais aussi par ses diverses incursions dont sa participation au trio de Levi Harvey, de plus en plus incontournable. Cette fois, pourtant il change de position et de registre en proposant son propre quartet. A ses côtés, Alexis Valet (vibraphone), Victor Maisonneuve (sax) et Amanda Brandão (batterie, percussions). Pour Cyril Drapé, il s’agit bien d’une première, qui confirme au passage la montée en puissance de ce contrebassiste hors pair.
Trois concerts pour conclure samedi
Enfin, samedi, la soirée démarrera dès 16h30 : le Felipe Silva Mena Trio qui a sorti l’an passé son deuxième album, invite Floria Antropius à la harpe le temps de ce set. Un mariage qui suscite intérêt. Suivra le pianiste Joël Forrester, seul en piste, compositeur tous terrains (il aurait à son actif 1 600, voire 3 000 compositions) et d’une habileté démoniaque au clavier, fort d’une longue expérience et d’un intérêt profond pour toutes les inflexions du jazz quelle que soit l’époque. La soirée se terminera avec le quintet de la saxophoniste Claire Michaël. D’abord une façon de se rassurer que Zaza Desiderio sera bien, lui aussi, de cette édition de Jazz sur les Places, gage de rigueur et de fantaisie, mais aussi de retrouver un quintet mêlant belles relances, liberté des interventions et connivence autour des leaders.
Jazz sur les Places se poursuivra le lendemain par cette Jam Session prévue pour démarrer à 11 heures. Conseils des organisateurs : vient et joue qui veut mais ne pas oublier d’apporter son instrument.
Le programme : CLIQUEZ ICI
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Une cagnotte mise en place pour aider le festival
L’équilibre financier se fera avec la buvette avec une part d’incertitude, explique Philippe Dechèvre. C’est la raison de cette cagnotte. 10, 20, 30 € sont les bienvenus. A partir de 70 € un rescrit fiscal sera fourni ainsi qu’un verre à la buvette. A partir de 100 € un repas sera offert.
Indiquez bien vos coordonnées. Merci infiniment
Philippe Dechevre



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