Ici, les noms des formations importent moins que le lieu où elles ont décidé, accepté, de jouer : certains villages du sud de la Drôme. Ca a démarré à Nyons, le 28 juillet dernier, avec le quintet Bloom, comme pour annoncer l’arrivée du festival et de ses concerts du soir. Puis, tour à tour, Saint-Jalle a reçu Chacun son Sud, Saint-Auban-sur-l’Ouvèze Aptère, et Saint-Sauveur-Gouvernet l’Elise Vassallucci quartet. Enfin, le 2 août, un ultime concert organisé à Beauvoisin a permis d’entendre Amina Mezaache quartet.
Ultime ? A vrai dire, non : changement de lieu, changement de paysage. Ce soir en effet, lundi 17 août, un tout dernier concert Jazz au Village est prévu (à 18 heures) à Montségur-sur-Lauzon, avec le Lady Scott Quartet.
Chanteuse et compositrice, Delphine Scotti, active sur la scène de Montpellier, est accompagnée par Frédéric Léger à la contrebasse, Damien Munos au piano, et Lionel Martinez à la batterie. C’est avec ce quartet qu’elle vient d’enregistrer un 3ème album de compositions personnelles : « Happy Mess».
Dans les Baronnies, l’essentiel de ces concerts
A Buis, les concerts du Jazz Gourmand, qui précèdent le concert de la soirée, ont un public fidèle même si le jazz n’est pas toujours l’essentiel du sujet joué ou chanté par la formation présente
Ce faisant, Parfum de Jazz aura bouclé l’un des pans discrets de sa vie quotidienne : sa volonté de dissoudre, d’exporter sa musique dans des villages qui n’ont pas forcément l’habitude de voir s’installer en fin d’après-midi sur la place centrale ou autre lieu favorable, des formations musicales le temps d’un concert ou d’un set. Les Baronnies auront accueilli l’essentiel de ces concerts, histoire d’opportunités, de calendrier et peut-être de volonté municipale de profiter de l’aubaine.
Une particularité qui ne va pas de soi : on imagine les différentes contraintes qu’imposent l’idée d’aller jouer « chez l’habitant », qui plus est, gratuitement (sauf participation libre si vous y tenez). Entre le transport, la préparation de la scène, la mise en place des lumières et de la sono, amenées par la petite équipe technique du festival, le montage, le démontage, la prévention des risques, sans compter les chaises ou bancs destinés au public. Et ainsi de suite chaque jour pour les quatre premiers concerts. Ajoutez-y le remballage dès la fin du concert et le retour à la base ou le départ vers le village suivant. En sus, évidemment, les aléas de toutes sortes.
Pourtant, Parfum de Jazz et son équipe ne démordent pas de ce « Jazz au Village », de cette culture à l’âme aventureuse qui s’en va prêcher la bonne musique dans les coins et recoins du département.
Jazz Gourmand : des petits sets sans prétention
La Casa Flotante avec France Duclairoir, contrebassiste, en invitée
Par ailleurs, le festival a également mis en place des « Jazz Gourmand», petits sets sans prétention en préambule de soirée, à Buis et à Donzère. A Buis, Parfum de Jazz a accueilli Sunrisa, La Casa Flotante avec France Duclairoir en invitée et le trio Baronissimo. Suivront en Tricastin deux autres concerts : Rendez-vous le 21 août à Donzère avec le collectif Incandescente : un sextet recruté parmi 25 postulantes et « né de la volonté de visibiliser et de soutenir les artistes femmes, queer ou précaires dans le jazz » peut-on lire dans la présentation. Cette création qui bénéficie du soutien de nombreux organismes s’inscrit dans un parcours de quatre résidences artistiques (Savoie, Drome, Puy-de-Dome-Isère) et de concerts sur l’ensemble du territoire régional en 2026 et 2027.
Enfin, le trio Chacun son Sud bouclera ces Jazz Gourmand le 22 août à Donzére, au même endroit que le concert précédent.
Un festival « Off » déjà écoulé en vitrine à Buis
Evoquer, enfin, les concerts du festival « off »? Ils se sont concentrés à Buis-les-Baronnies, du 10 au 15 août. Pour des raisons financières, le festival a été amené à revoir sa copie en cours d’année. Au programme, plusieurs concerts du Parfum Jazz Orchestra, lequel a pu compter sur divers invités dont Isabelle Bontempelli, infatigable, le 12 août, et Lise Bouvier et Rémi Bioulès le 15, le temps d’une aubade remarquée, jouée sur la place du Quinconce de Buis.
Dire que le jazz était toujours au centre du propos de ces concerts, évènements ou rencontres, serait exagéré. En revanche, tous ces « moments » ont été le plus souvent très suivis et appréciés par un public avide de musique et de rencontres à bâtons rompus.




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