La 49ème édition de ce festival de référence démarre aujourd’hui samedi 15 août à Cluny, en Saône et Loire. Une semaine durant, l’auguste évènement mêle concerts, rencontres de tous types et stages « jazz » très courus et ouverts à toutes les générations. Ici, aux antipodes de la banalité, il s’agit, grâce à la musique, de sonder au plus profond une réalité difficilement perceptible
Surtout ne pas se fier à ses allures de « dernier de la classe » même si ce rendez-vous boucle une période estivale entre autres caractérisée par un empilement d’évènements et de festivals à faire perdre la tête.
Car le Jazz Campus Clunisois -ou le mot Campus prend tout son sens- qui démarre aujourd’hui, poursuit un bonhomme de chemin qui lui est propre depuis sa naissance, il y a près d’un demi-siècle. Si la semaine va être bien sûr marquée par de multiples concerts et la venue de multiples formations, il s’enorgueillit tout autant d’organiser pendant ces 7 jours (du 15 au 22) un stage de jazz réputé, dirigé par des références des sujets abordés, qu’il s’agisse de stage vocal, d’improvisation, de classe d’orchestre, de fanfare ou de « créations collectives ». Stages ouverts à tous, jusqu’aux plus petits, mis en place dès 1977 lorsque Didier Levallet crée ce « Festival de Cluny », rebaptisé (on raccourcit) Jazz Campus en Clunisois en 2008 mais toujours animé par le même directeur artistique (entre autres, ex- directeur de l’ONJ) et sa volonté de transmettre aux plus jeunes ou aux moins rompus à ces musiques.
Cluny : on est bien sûr en pays, béni
Ajouter à cela que, loin d’enrôler les musiciens ou les groupes incontournables du moment, le Jazz Campus en Clunisois revendique depuis 49 ans en matière de programmation « ce qui se fait de plus innovant, espiègle ou impertinent ». Quitte à dérouter ou remettre en cause ce qui triomphe aujourd’hui.
Festival conçu comme un ensemble dont il ne faut pas perdre une miette, comme un puzzle dont chaque pièce participe de la cohésion générale, Jazz Campus en Clunisois accueille jusqu’à dimanche prochain de multiples concerts dont une quinzaine servent de trame générale. On est bien sûr ici en pays béni et les lieux retenus pour les agapes en font partie.
Ainsi, démarrage ce soir (20h30) avec le quartet « Invisibles » de Bruno Ducret qui provoque un dialogue très actuel entre son violoncelle et trois trombones de renom. Dans un propos introductif, il explique : « A la manière d’un conte, il s’agit d’humaniser avec des sons ce qui tourne en nous sans s’interrompre, ce que l’on voit ou ressent sans comprendre : les personnes invisibilisées qu’on ne voit plus comme ses semblables, les émotions incomprises qui régissent nos comportements, les héritages inconscients qui nous définissent sans qu’on les perçoive. L’instrumentation, cousine du quartet, dont les instruments font tous partie du même registre, permet de ne parler que d’une seule voix, comme un oracle » .
Eclaireur d’une réalité difficilement perceptible
Jusqu’à dimanche la quinzaine de concerts pourraient en dire, en écrire autant : autant de démarches, de projets rendus possibles ici qui vont se succéder, mêlant nouveaux-venus et piliers du festival avec en point commun ou démarche revendiquée une recherche musicale exigeante qui n’en démord pas dans son rôle d’éclaireur d’une réalité difficilement perceptible.
Autant de concerts, autant de rendez-vous avec des « instants » qui ne sauraient se réduire à ces artistes qui ont décidé de les faire vivre. Entre familiers des lieux, musiciens connus, reconnus ou inconnus, il s’agit surtout ici de concrétiser, façon éphémère, un monde de possibles.
Histoire de dire, on retiendra ce dernier jour, dimanche, alors que le festival aura déjà connu, vendredi, sa si fameuse restitution du stage, les deux derniers concerts : celui du Possible (s) Quartet Gymnostrophy» (12h30) qui réunit Rémi Gaudillat (tp), Fred Roudet (tp), Loïc Bachevillier (tb) et Laurent Vichard (clarinette) et, à la nuit tombée, celui du «Blue Roots quintet réunissant autour d’Henri Texier, Emmanuel Borghi (p), Gautier Garrigue (dr), Hermon Mehari (tp) et Sébastien Texier (sax, clarinette).
* Jazz Campus en Clunisois, (tout droit jusqu’à Cluny). A partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche prochain. Tous renseignements : https://www.jazzcampus.fr/programmation-2026


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