Paul McCartney, prise par l’un de ses comparses au cours de ces semaines historiques
1963 ! Alors que le monde découvre et raffole toujours plus de leurs chansons, Paul McCartney s’amuse à photographier les à côtés des concerts et de la première tournée internationale des Beatles, en 1963 et 1964. Une exposition ? Plutôt un récit tendance photojournalisme, sans prétentions mais le plus souvent attachant, authentique et, in fine, surtout historique
Une « exposition » sans en être une. Plutôt un récit navigant entre l’étonnement, l’intime, le carnet de voyage, la virée entre potes, mais, au bout de celle-ci, une vénération inattendue restée dans l’histoire. Plutôt aussi le récit d’un quasi gamin, (il vient d’avoir 21 ans), embarqué dans une sorte d’épopée qui le dépasse, alors qu’il en est, avec John, George et Ringo, l’un des acteurs principaux. Paul McCartney, l’un des quatre Beatles, natif de Liverpool, avec l’accent de là-bas, au moment où tout va s’enclencher, où va déferler en Grande-Bretagne, en Europe et surtout aux Etats-Unis la « beatlemania », la toute première de ces adulations de stars en tournée, suscitant frénésie, adoration, débordements, larmes et autres excès.
Paul pratique la photo dès son plus jeune âge
On est en octobre 1963. En l’espace de quelques semaines, les Beatles, qui ont déjà du succès et dont les tubes occupent déjà les hit-parades (1), vont devenir des « idoles » planétaires. Comment ? Pourquoi ? Au même moment, Paul Mc Cartney, guitare basse du groupe et co-compositeur avec John Lennon de la majorité de leurs tubes, a l’idée de photographier son quotidien avec son tout nouvel appareil reflex Pentax (la marque japonaise avait offert un exemplaire à chaque membre du groupe). Or, en la matière, le musicien n’est pas un novice : il pratique la photo depuis son plus jeune âge.
Des photos qui coïncident avec l’éruption de la « Beatlemania »
Photo prise par Paul McCartney depuis sa voiture à leur arrivée aux Etats-Unis en février 1964
Sauf que les photos qu’il va prendre en 1963 et 1964 coïncident avec la naissance de la « Beatlemania » et avec plusieurs évènements qui vont marquer ces deux années : après leur passage à Cheltenham, à Londres, le début en octobre de leur première tournée internationale (en Suède), l’enregistrement (le 17 octobre) de I want to hold your hand, rapidement en tête des hit-parades aux Etats-Unis (1), les 18 concerts à l’Olympia (à partir du 16 janvier 1964) partageant l’affiche avec Trini Lopez et Sylvie Vartan, l’arrivée à New York le 7 février (et premier vol long-courrier de Paul), suivie deux jours après de leur apparition au « Ed Sullivan Show » lequel sera suivi par 73 millions de téléspectateurs; un record d’audience qui explique que le 15 février suivant, ils sont conviés au « Ed Sullivan Show. Meet the Beatles ». Enfin, en mars, démarre le tournage de leur premier film, A hard Day’s night de Richard Lester.
Australie : 100 000 groupies entre l’aéroport et le centre-ville
Bis repetita en juin 1964 avec une tournée mondiale qui démarre au Danemark avant de filer en Australie où le groupe sera accueilli par 100 000 personnes réparties sur les 10 kilomètres séparant l’aéroport du centre-ville.
Ce sont ces folles semaines que racontent à leur façon les 250 clichés de l’exposition du Musée Granet. Evidemment, on y aperçoit rarement Paul, photographe, et beaucoup plus Georges Harrison, Ringo Star et John Lennon ainsi que tous ceux qui les entourent, dont Brian Epstein, manager discret qui les a rejoints en 1961.
Les témoignages de l’émerveillement du musicien 
Photo de Paul McCartney : John Lennon, qui figure très souvent sur ces photos prises en 1963-1964
Surtout, ces photos sans prétention sont surtout autant de témoignages de l’émerveillement du musicien (devant ces murs de « fans » réunis à l’aéroport) et de sa curiosité (pendant les répétitions, les voyages, en voiture, en train, en avion, le travail en studio, la rue parisienne, les monteurs en train d’installer l’enseigne au sommet de l’Olympia et bien sûr les portraits en noir et blanc de John Lennon (qui fait la « une » de l’Exposition « Eyes of the Storm »), George Harrison et Ringo Star pris pendant cette tournée où ils découvraient les Etats-Unis.
Ces portraits sont d’ailleurs à l’origine de cette exposition démarrée en 2023 à la National Portrait Gallery (Londres) avant de courir le monde, sa présence au musée Granet constituant sa première étape européenne.
Au sujet de ces photos, choisies parmi près d’un millier prises par lui pendant ces deux années, Paul McCartney explique (cf le dossier de presse) : « La vue de ces photos ne me procure pas tant un sentiment de perte que de joie rétrospective (….) En fait chaque cliché fait remonter des souvenirs, et je peux m’amuser à retrouver l’endroit où a été prise telle ou telle photo (…).
1) En avril 1964, les Beatles occupaient douze places au Billboard des 45 tours aux Etats-Unis, dont les 5 premières.
* Paul McCartney photographe, : exposition « Eyes of the Storm ». Au musée Granet, Aix-en-Provence, jusqu’au 3 janvier 2027. Du mardi au dimanche de 12 à 18 heures.




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