Richard Robert, le directeur de l’Opéra Underground à Lyon avait donné carte blanche à la chanteuse de jazz française Marion Rampal, ce qui s’est traduit par deux concerts. « Intitulé « Petite Maison », le premier, le 13 avril était un projet collectif franco-québécois à tonalité folk et cajun ; le second « Song for Abbey », le 14 avril, était un hommage à la chanteuse, autrice et compositrice de jazz américaine, Abbey Lincoln , un hommage qui ont valu à Marion Rampal, deux nominations aux prochaines Victoires du Jazz (meilleur concert et meilleur album) qui seront décernées le 21 mai prochain. Entretien express.
Vous avez donné deux concerts fort différents sur deux soirées à l’Amphi Underground de l’Opéra de Lyon, l’un à tonalité folk québécoise, l’autre franchement jazz. Vous aimez enjamber les styles ?
Marion Rampal-D’abord, je n’aime pas les étiquettes ! Et puis quand on regarde de près, il ne manque pas de liens entre ces deux concerts en apparence, effectivement très éloignés, mais tous les deux sont à la recherche de sources musicales et vocales…
Pourquoi avoir choisi Abbey Lincoln pour ce disque hommage ?
Cela faisait longtemps que je voulais rendre hommage à une chanteuse de jazz.
Je n’ai pas eu trop de mal à trouver la chanteuse à laquelle je voulais rendre cet hommage. A dix ans, déjà Abbey Lincoln était ma chanteuse préférée !
Et il faut bien reconnaître que malgré son grand talent, elle a été peu reprise depuis sa disparition, c’était une autre raison de s’intéresser à elle.
Elle reste dans l’imagerie de beaucoup comme une pasionaria Black ; or Abbey Lincoln c’est aussi bien autre chose : c’était une vraie poète, une grande compositrice et chanteuse.
Elle s’est imposée comme une autrice-compositrice à la plume percutante et bouleversante, comme en témoigne le poème que j’ai lu lors de ce concert dans lequel elle témoignait du sexisme et du racisme qu’elle a vécu.
C’est Matthis Pascaud (ndlr, le guitariste du groupe) qui a réalisé les arrangements, et en l’occurrence, ce disque a été un grand travail collectif avec le groupe, c’est notre version d’Abbey Lincoln, avec la volonté d’en conserver le souffle profond.
Des trois nominations aux Victoires du Jazz pour lesquelles vous êtes nominée (artiste vocale, album et concert), pour laquelle vous aimeriez le plus être, in fine, lauréate ?
Celle du meilleur album pour » Song for Abbey « , bien sûr !
Quel est votre prochain projet ?
J’ai sorti trois disques en six ans, ce qui n’est pas une mice affaire ; et ce, sur mon propre label « Les Rivières Souterraines » que j’ai nommé ainsi en hommage au compositeur Pierre Barouh.
Je m’octroie une pause nécessaire, le temps de retrouver mon souffle !


Facebook
Twitter
YouTube
LinkedIn
RSS