Exit le « Jazz » avec un « s », le RhinoJazz(s) devient RhinoFestival. C’est ce qu’a annoncé Ludovic Chazalon en présentant l’édition 2026 du Festival ligérien qui se déroulera du 25 septembre au 18 octobre 2026. Le festival va-t-il perdre sa jolie couleur bleue qui faisait son ADN, au profit de couleurs plus bigarrées, suscitant les craintes des amateurs ? Pour le directeur artistique, il s’agit en fait d’entériner une évolution engagée depuis une dizaine d’années. Explications.
« Ce changement de nom, ce n’est pas une grande surprise, cela fait une dizaine d’années que l’on veut nommer différemment le Festival », explique Ludovic Chazalon, directeur artistique du Festival ligérien qui proposera pas moins cette année 42 artistes pendant trois semaine.
Ainsi a t il annoncé en présentant le Festival 2026, RhinoJazz(s) devient RhinoFestival.
La perte d’un vocable qui pourrait être riche de signification ?
Ludovic Chazalon tempère : « Non, le Jazz n’est pas relégué, oublié ou que sais-je. C’est notre ADN, les artistes Jazz sont et seront toujours là. »
Mais d’ajouter : « depuis longtemps, les musiques que nous présentons au Rhino sont multiples, on amplifie un peu plus cette tendance, sans doute, mais c’est tout explique-t-il ».
Il ajoute : « Une fois de plus, on s’est dit qu’en définitive, ce serait peut-être bien de travailler une image un peu nouvelle, sans pour autant tirer un trait sur l’histoire du Rhino. On retrouvera encore cette année, un mélange de nouvelle génération, de musiciens émergents et confirmés. »
Plus précisément encore, le directeur artistique a identifié huit univers musicaux au sein desquels, le Rhino va évoluer : Jazz-Master ; Voix-Monde ; Jazz Africa ; Voix Jazz et Swing ; les Inclassables ; Soul et Gospel Blues ; Rock & Roots et enfin, New Orleans et Fanfares.
L’édition 2028 appartiendra donc à ces différents univers musicaux, mais il est vrai que cette tendance était déjà perceptible ces dernières années.
Les Jazz masters, en l’occurrence les grands maîtres du Jazz seront notamment représentés par Monty Alexander et Amaro Freitas qui se produiront à l’opéra de Saint-Etienne le 8 octobre.
La rencontre entre Amaro Freitas, nouvelle étoile flamboyante du jazz brésilien, en compagnie le même soir de Monty Alexander, légende vivante du jazz après plus de 60 ans de carrière qui, lui, fait fusionner le swing jamaïcain et le be-bop avec une immense libertés, devrait procurer de belles étincelles sonores.
Kyle Eastwood, le fils de Clint, viendra de son côté présenter son dernier opus dédié à la musique de film, le 9 octobre en quintet au Radiant de Caluire.
Côté Voix-monde, on verra l’apparition sur scène de la pétulante et vibrionnante violoncelliste cubaine Ana Carla Maza, le 2 octobre, à la salle Aristide Briand de Saint-Chamond. Elle présentera son nouvel opus « Alamar », un album de mémoire et de transmission.
Côté Inclassables, on peut citer Amin Ael Eidy qui se produira le dimanche 11 octobre au Solar à Saint-Etienne. L’oudiste présentera son album Shams au sein du quel, il mêle jazz européen et spiritualité orientale.
Côté découvertes, Ludovic Chazallon compte enfin beaucoup sur deux artistes. La jeune clarinettiste très singulière, donc inclassable, Elodie Pasquier qui se produira à la galerie Ceysson & Bénetière le 12 octobre.
Elle explorera en solo les frontières de la musique improvisée et contemporaine.
Et en second, le duo Aptère, dimanche 11 octobre, à Saint-Paul-en-Cornillon, réunissant la violoncelliste Lina Belaïd et l’accordéoniste Antoine Girard. Un dialogue entre musique gnawa, traditions de l’Orient, des Balkans et du musette, avec un lyrisme mélodique fort et des impros qui devraient se révéler aventureuses.
Et assurément là, l‘ADN pourrait être bien présent pour ce Festival qui plus que d’autres festivals offre traditionnellement son lot de belles découvertes…


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