Le festival -26ème du nom- qui a démarré le 1er juillet, multiplie d’ici dimanche soir les découvertes comme les retrouvailles en associant formations de renom ou inédites et en attisant à sa façon de multiples braises musicales. De quoi aussi se rendre compte du chemin parcouru depuis le légendaire « We Want Miles »
On a commencé par Miles ; on finira avec Miles. Mais entretemps, durant 11 soirées prévues, ce 26ème Marseille Jazz des Cinq Continents tient pour l’instant ses promesses : offrir aux quatre coins de la ville tout ce qui peut présenter un intérêt : des incontournables aux inédits, des courants les plus éloignés du jazz aux révélations d’où qu’elles viennent. Au total, selon un rapide décompte, ce sont 300 artistes qui jusqu’au 12 au soir, auront enrichi cette nouvelle édition d’un festival ancré dans sa ville et au-delà.
Le festival se découvre un nouvel horizon
Finir par là où l’on a commencé ? Oui et non. Si le festival Marseille Jazz des Cinq continents a bien démarré le 1er juillet par un premier hommage à Miles Davis (né en 1926), et s’il se bouclera le 12 avec la venue de Marcus Miller entouré de quelques anciens ayant joué avec Miles, il joue depuis jeudi soir et jusqu’à dimanche dans un tout autre décor : le Parc Henri Fabre que le festival étrenne ce soir. Un parc discret (3 hectares tout de même), propice aux concerts qui vont s’y dérouler. A sa façon une nouvelle demeure que l’on espère pérenne.
Pour ce festival, itinérant, puisqu’il ne cesse de se promener en ville, d’une abbaye à un jardin, d’un théâtre de verdure à un Conservatoire en passant par une Vieille Charité ou un toit-terrasse de la Friche de la Belle de Mai, l’arrivée au Parc Henri Fabre pour ces 5 concerts comble un vide : la « disparition » des jardins du Palais Longchamp lesquels offraient chaque année depuis l’origine, leur décor, leur vue et surtout leur espace aux concerts les plus courus. « Un nouveau lieu c’est très excitant » soulignent les inspirateurs du festival qui parlent même d’une « nouvelle aventure ».
Adi Oasis : de la basse au service d’une voix mélodieuse
C’est là, sous les ombrages et pas très loin de la Grande Bleue que se succéderont ainsi des concerts intimistes telle Célia Kameni (le 8/7) qui impose de plus en plus sa voix et son approche musicale toute en retenue, ou au contraire des rythmes soutenus nés de la rencontre de cultures et d’influences telle Adi Oasis (le 10/7), bassiste et joli timbre de voix, qui aime s’enflammer à la tête d’une formation qu’on espère inchangée ce soir-là.
Dans le même ordre d’idée, la venue de José James (le 8/7) sera d’autant plus fêtée qu’il avait manqué à l’appel du festival il y a deux ans et qu’il arrive en compagnie de China Moses avec son nouveau projet consacré à Marvin Gaye, dont le nom est peut-être plus oublié aujourd’hui que ses étonnantes mélodies. On connait José James pour sa façon d’électriser ces concerts, bien aidé par une voix née pour le groove, quelle qu’en soit la couleur.
Cette fois Leïla Olivesi a mobilisé son « octet »
Ce sont ces multiples contrastes et ces incursions inattendues ici et là, d’une culture à une géographie lointaine qui feront le sel de ces dernières soirées. Pas besoin d’insister sur le dernier projet de Leïla Olivesi (African Rhapsody), moult fois primé, qui le jouera ce soir-là (le 11/7) dans sa meilleure formation (son octet dont 3 saxs), laquelle réunit quelques uns des musiciens les plus inventifs du moment (même si Baptiste Herbin a été étonnamment « oublié » lors des différentes remises de prix cette année).
Plusieurs autres musiciennes sont ainsi conviées lors des 5 riches soirées (trois concerts chaque soir, début des festivités dès 19h30). Ainsi Manon Mullener en quintet (le 10/7), Maïté Hontelé -notre photo- (le 11/7), Awa Ly (le 9/7), Xênia França (le 11/7)…. C’est le propre d’un festival que de réunir ici, en un court instant, autant de démarches musicales originales venues parfois de fort loin.
Etre attentif au « retour » du Sun Ra Arkestra
Enfin, avant d’accueillir Marcus Miller (le 12/7) dont l’évocation de Miles sera le morceau de choix et le mot de la fin de cette 26ème édition, on sera attentif au « retour » du Sun Ra Arkestra : si Sun Ra nous a quittés il y a plus de 30 ans, son influence reste à sa façon toujours aussi vive et ce Sun Ra Arkestra en est la preuve, ne serait-ce que par le panel réuni et le nombre d’enregistrements qu’ils ont « commis » depuis la fin de la pandémie. 
Le Sun Ra Arkestra
On sera aussi diablement attentifs au projet de Cyril Benhamou (« H.O.T.), (Le 12/7) un familier de Marseille et du festival mais ne nous-y trompons pas : il s’agit bien d’aller au bout d’une nouvelle facette de cet art délicat qu’est le trio piano-basse-batterie, dans un environnement qui ne s’y prête pas forcément. Enfin, entre Kassa Overall et ses trois comparses (le 8/7), Ezra Collective (le 9/7), Kyoto Jazz Massive (le 12/7) et Hamma Hand’s appelé à remplacer au pied levé Gogo Penguin (le 9/7), ce sont des appels musicaux de toutes tailles et de tous poils qui se révèleront ces soirs-là, en attendant donc Marcus Miller, présent ici dans un projet où lui comme ses complices chercheront surtout à rappeler la richesse du Miles compositeur, novateur, en perpétuelle recherche et pour ce faire, rassembleur de jeunes talents dont une infime partie (4) seront, dimanche soir, réunis à Marseille pour ce We Want Miles.






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