……..Un de ces festivals de jazz précieux, court mais dense, à la programmation millimétrée. Le « Crescent » accueille cette année la jeune scène new yorkaise dont la trompettiste Milena Casado, le pianiste Aaron Parks et le saxophoniste Immanuel Wilkins. Soit, à partir de ce soir à Mâcon, une quinzaine de concerts, témoins aussi de la vitalité de ce Club de Jazz et de ses musiciens
Mlena Casado, une révélation et des premiers concerts
D’aujourd’hui à samedi, revoici le Crescent Jazz Festival : quatre jours, quatre soirs aux allures de temps arrêté. Bref, concis, ambitieux avec une idée maîtresse : convier sur la scène du Crescent ou ailleurs quelques-uns des moteurs du jazz actuels, solistes ou formations. Comme par hasard, pour l’essentiel, les trois leaders présents à Mâcon jusqu’à vendredi sont issus de cette vaste scène new yorkaise, là où se fabrique, encore et toujours, le jazz le plus ambitieux, le moins dénaturé.
On commencera ce soir par une « découverte » : Milena Casado, trompettiste, apparue il y a peu en Europe et surtout en France puisque c’est en février dernier qu’elle avait donné au Sunside (Paris) son premier concert. Entourée sans doute des mêmes que ce soir (un quintet monté il y a deux ans), profitant de l’intimité forcée du petit club parisien, la musicienne avait notamment frappé par cette sorte de nonchalance qui enrobe ses thèmes et ses impros, fruits d’une longue réflexion et que restitue « Reflection of another self », album sorti il y a peu. Ce qui peut expliquer l’absence de fioritures ou de clins d’oeil superflus et le rôle des comparses tour à tour mis en lumière. (lire à ce sujet notre article du 26 février dernier).
Immanuel Wilkins : deux concerts prévus ce soir là
Deux jours après, vendredi 17, c’est l’un des représentants les plus familiers de la scène new yorkaise qui sera sur la même scène. Le saxophoniste Immanuel Wilkins, déjà largement adoubé outre-Atlantique ou en Europe comme l’un des compositeurs-interprètes les plus inventifs du jazz actuel. En l’occurence, le jeune homme a brulé les étapes, passant de son milieu familial à son école, de son école aux clubs puis dans des formations ou musiciens qui vous forgent un pedigree, de Jonathan Blake à Joël Ross en passant par Kenny Barron. Sans attendre toujours, le saxophoniste-compositeur a, dans la foulée, sorti deux disques qui ont fait mouche, et plus récemment, ce troisième « Blues Blood » dont il devrait être question aux concerts de Mâcon. Le Crescent a en effet prévu deux concerts ce soir-là (20h et 20h45) au vu de l’affluence attendue. Sachant qu’en plus, le tarif du concert est à l’appréciation de chacun (si-si, sous la forme d’une participation), loin des tarifs habituels (cf au New Morning quelques jours après), la réservation est plus que conseillée.
Aaron Parks pour boucler le festival
Du saxophone au piano. Le lendemain soir (à 22 h), place à Aaron Parks en trio, qui sera cette fois reçu au théâtre de la ville entouré non pas de ses comparses habituels mais de Ben Street (cb) et Cornelia Nillson (dr) arrivée de la scène danoise. Un concert sans doute attendu puisque pour la circonstance le Crescent se transporte au Théâtre de Mâcon (860 places) et qu’il sera demandé une participation de 20€. La soirée se terminera par une Jam Session de clôture fixée à 23h30 au Crescent.
Entretemps, le festival – qui a du faire face à quelques revers (baisses d’aides publiques à l’emploi artistique) mais qui en a profité pour passer de 3 à 5 jours de concerts- aura donc accueilli une quinzaine concerts : en ouverture de chaque soirée d’abord sur la petite scène installée sur le parvis des Halles, puis chaque soir au caveau où sont prévus deux concerts.
Retenons l’arrivée, mercredi 15 de Paw Paw, formation développant du jazz hip-hop suivie du Big Funk Brass. Le jeudi, place au Kenz Quintet pour ouvrir la soirée sur la petite scène, suivi du Crescent Septet dans lequel on ne compte plus le nombre de têtes (et d’instruments) connus et qui cette fois propose un hommage à Carla Bley. Il sera suivi du Aymeric Avice quintet : autour du trompettiste, des musiciens aguerris tel Bruno Ruder pour un programme acoustique sortant des sentiers battus. De même, vendredi 17, s’il n’y aura pas de première partie, Immanuel Wilkins enchaînant deux sets d’affilée, « Trioff » investira la petite scène devant les Halles pour revenir sur le « jazz groove 60’s ». François Forestier emmène ce trio que composent David Bressat (à l’orgue hammond) et Josselin Perrier.
Enfin, le dernier soir, samedi, avant que ne démarre le concert d’Aaron Parks, les stagiaires du festival répartis en 6 groupes) seront montés sur la scène du théâtre de Macon pour évoquer et restituer le travail effectué durant la semaine au Conservatoire.
La relève en quelque sorte.
En attendant, pour lancer le festival, place donc aujourd’hui, mardi 14 juillet, à cette jeune formation « Hills of Nowhere », un quintet qui inaugure donc la petite scène des Halles et qui y joue ce soir à partir de 19h.



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