Le Gospel a manifestement le vent en poupe à Lyon ! Près de deux mille personnes se sont rendus à la crypte de Fourvière pour assister du jeudi 23 au dimanche 26 avril aux quatre concerts organisés dans le cadre de la 3ème édition du Festival « Fourvière Gospel Expérience ».
Une réussite qui illustre le développement du Gospel à Lyon, ville également marquée l’année dernière par l’arrivée d’une école de Gospel qui accueille déjà une trentaine de choristes qui ont d’ailleurs été invités à monter pour la 1ère fois sur scène.
Pour Baudoin de Charry, le responsable des événements culturels à la Fondation de Fourvière co-organisateur de ce Festival avec l’association Goslym (Gospel Lyon Métropole), « nous sommes très heureux de la réussite de cette troisième édition marquée par la venue de près de 2 000 personnes à Fourvière, ce qui ouvre la voie à la pérennité de ce festival. »
Il y aura donc bien une quatrième édition en 2028, le Festival étant biennal en alternance avec un festival consacré, lui, aux chœurs amateurs et professionnels, de toutes formes esthétiques musicales cette fois.
L’ambiance était également très Gospel en dehors même de la crypte, à Fourvière, puisque sur l’esplanade à deux pas de là, une scène avait été installée en plein air, accueillant pendant deux jours, samedi et le dimanche, une dizaine déformations de Gospel qui se sont succédées devant les Lyonnais et les touristes fort nombreux pour bénéficier du temps particulièrement ensoleillé.
« Notre idée en mettant pour la 1ère fois en place ce Village Gospel était de faire découvrir au public cette musique qu’il peut mal connaître », explique Baudoin de Charry.
L’un des maîtres d’œuvre de cette présence accrue du Gospel à Lyon, son ambassadeur n°1: le vibrionnant chef Pascal Horecka , professeur de musicologie à L’université Lyon 2 et à l’ENS.
Il a dirigé le dernier jour du Festival une quarantaine de chanteuses et de chanteurs de la formation suisse de « One Step Gospel » basée à Lausanne, faisant crypte comble ; ce qui fut propice, à travers une répertoire fort varié, mêlant le gospel traditionnel à des thèmes de la pop « gospélisés » et autres compositions, à susciter une ferveur par moments digne d’une église de Harlem…
Les choristes de l’Ecole de Gospel de Lyon étaient dimanche, sur scène en 1ère partie
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Et samedi 25 avril :
Dans l’écrin minéral de la crypte de Fourvière, le concert de Georges Séba et du Chœur gospel de Paris, samedi 25 avril, promettait une immersion fervente entre spiritualité et rythmes métissés. La réalité s’est révélée plus contrastée.
Sur le devant de la scène, Georges Séba occupe l’espace avec assurance, cumulant les rôles de chef d’orchestre, guitariste et figure centrale du dispositif. Un retour à Lyon qui, pour lui, n’avait rien d’anodin : l’artiste n’a pas caché son émotion de retrouver la ville où il a étudié, lui qui a passé son baccalauréat au lycée Jean-Perrin avant de poursuivre à l’université de Lyon. Une dimension personnelle palpable, qui donnait à la soirée une saveur particulière. Autour de lui, huit choristes, originaires des quatre coins du monde, à l’image de l’universalité du message d’espérance porté par le gospel, ainsi qu’un batteur, un percussionniste et un pianiste composent une formation resserrée. Fondée et dirigée par celui que l’on surnomme le « King du bikutsi », Georges Séba, cette formation revendique un ancrage à la croisée des cultures.
La première partie, consacrée au gospel, enchaîne des standards attendus : Jericho, When the Saints Go Marching In… Georges Séba ponctue presque chaque morceau de « Alléluia », comme pour en souligner la ferveur, un procédé qui, à la longue, finit pourtant par lisser les intentions plutôt que de les intensifier. Si l’intention est là, l’exécution peine toutefois à atteindre l’ampleur espérée. Les voix, bien en place, manquent d’ampleur et de cette ferveur collective qui fait décoller le genre. La crypte, pourtant propice à la résonance, ne suffit pas à compenser une certaine retenue. À cela s’ajoute un déséquilibre dans la mise en avant des musiciens : le pianiste, notamment, apparaît en retrait, presque effacé par la masse vocale et la présence dominante de Georges Séba, un point regrettable dans un ensemble où chaque nuance instrumentale pourrait enrichir la palette sonore. En filigrane, le programme entend revisiter les racines d’une musique religieuse née dans le monde rural du Mississippi et nourrie par une mémoire africaine marquée par l’histoire des champs de coton.
Le concert trouve un second souffle après l’entracte. Changement de tenues, des habits gospel sobres à des costumes traditionnels camerounais, et glissement esthétique vers des sonorités africaines plus personnelles, puisant notamment dans des styles camerounais comme le makossa et le bikutsi. Ici, Georges Seba semble renouer avec une expression plus incarnée, plus habitée. Les rythmes gagnent en relief, les interactions en chaleur, et l’ensemble en authenticité. La musique se fait plus vivante, presque charnelle, comme si le groupe retrouvait enfin son terrain d’élection.
Au final, une soirée en demi-teinte : une première partie appliquée mais trop sage, suivie d’un segment plus vibrant qui laisse entrevoir tout le potentiel de l’ensemble. Une trajectoire ascendante, mais inégale, qui invite à imaginer ce que ce concert aurait pu être dans son entier à ce niveau d’engagement.
Paul Gonnet




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