Il n’y en avait pourtant nul besoin ! Les gradins étaient encore tout bouillants, mais pourtant : sans surprise, tout habillés et maquillés de bleu, les cinq moustachus de Deluxe et la chanteuse à l’inimitable voix acidulée, Liliboy ont réussi à mettre le feu au théâtre antique de Vienne pour la 2ème soirée du Festival. A l’image des flammes sortant du saxophone de Pépé…
Comme leur deux premières venues en quinze ans, cette troisième présence à Vienne s’est jouée à guichets fermés. Il est vrai qu’il s’agissait de leur seul concert en France pour cet été.
Il est vrai aussi que là, le public était là pour danser, comme c’est souvent le cas à Vienne d’une soirée à l’autre, n’avait rien à voir avec celui de la veille, soirée d’ouverture, un public plutôt jeune, les filles souvent avec une moustache tracées au coup de crayon.
Il ne faut pas s’attendre avec Deluxe à une musique sophistiquée, mais tout simplement efficace, même si le groupe des six Aixois a pris de la maturité. Leur show est construit comme une fusée à plusieurs étages, conçu au millimètre près, savamment construit pour permettre au groove de s’envoler.
Ce qui fut le cas au fil des chansons, notamment celles de leur dernier album « Ça fait plaisir » dont Tel I do, mais aussi quelques unes sorties de leur copieux répertoire de soixante chansons, à l’instar de Get Down ou TTT…
La température et les ondulations dans le public sont encore montées d’un cran, avec l’arrivée de quelques guests « de luxe », tels le chanteur et multi-instrumentiste brésilien Luizga qui se produisit un peu plus tard au Club pour entonner « Windows open » ; tandis que le pianiste de latin jazz Max Lizana et la figure montante du reggae français Twan Tee poussaient encore le curseur sur la fort bien nommée chanson « Caliente ».
La chaleur caniculaire était certes tombée, mais l’ambiance qui marqua la fin du concert y ressemblait encore fortement…
Pour la 1ère fois à Vienne, Too many Zooz : too little
La première partie du concert était marquée par la venue sur la scène viennoise pour la 1ère fois des trois Américains de Too Many Zooz. Mais si elle a permis de préparer l’arrivée de Deluxe n’a pas totalement convaincu.
Il est vrai que le format « brass band » à trois, même avec le métier forgé dans le métro new-yorkais des trois musiciens, même avec le jeu de jambe et les déhanchements répétitifs de « Léo P », le saxophoniste baryton du groupe, finissent par tourner en rond, comme leur musique. Et ce, même si à un moment, ce dernier s’envola dans une courte et belle impro très jazzy…
Avec l’arrivée sur scène d’un autre Brass band », « Lucky Chops » qui a démarré comme eux dans le métro de New-York avec notamment un soubassophone (le plus gros des cuivres) appelant au décollage, on a cru un moment qu’on allait revivre les fanfares des années précédentes telles que MEUTE ou GallowStreet qui avaient enflammé le festival.
Déception, les deux ensembles mêlés ne jouèrent qu’un seul morceau, « Luckys Chops « retournant dans les coulisses sitôt après.
Reste que malgré tout, le trio de New-Yorkais a fait le job demandé, les 7 500 festivaliers présents ce soir là au théâtre antique étaient un tant soit peu préparés pour le groove puissant qui allait suivre…








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