La saison d’été du 27ème festival Parfum de Jazz vient de boucler sa première semaine en Baronnies et s’installe ce soir en Tricastin. Premier bilan à mi-parcours d’un festival qui revendique son « apport culturel » en Drôme provençale et qui compte bien de plus en plus le prolonger au-delà de l’été
Parfum de Jazz vient d’achever sa première semaine estivale, passée en Baronnies, à Buis et autour. Quels enseignements en tirez-vous ?
CV : Tout d’abord, tout se passe bien, en dépit de la canicule. C’est fluide, convivial, amical. Notamment parce que l’on peut compter sur 39 bénévoles et, au total sur 54 personnes (avec les techniciens et autres professionnels).
« J’espère qu’avec Parfum de Jazz, on fait du bien aux gens (…) Ceux-ci soulignent la convivialité, la simplicité du festival et des équipes qui le servent »
Le programme de la semaine qui vient de s’achever, comptant plusieurs formations inconnues du grand public, pouvait dérouter le public. Qu’en a-t-il été ?
CV : Je remarque qu’on a vendu énormément de « pass » à des spectateurs qui prévoient donc d’assister à plusieurs concerts, voire à tous. De leur part, c’est une preuve de confiance. Certains nous l’ont d’ailleurs confié, disant que cela leur permettait d’être curieux, de découvrir autre chose. Par ailleurs, ils soulignent la convivialité, la simplicité du festival et des équipes qui le servent. J’espère en effet qu’avec Parfum de Jazz, on fait du bien aux gens ; notamment en leur faisant découvrir des choses inhabituelles. Concernant la programmation, il y a diverses raisons. D’abord nous recevons beaucoup de propositions tout au long de l’année et, je le rappelle, nous décidons à huit (membres) la programmation. Par ailleurs, nous avons plusieurs formats de concerts (Jazz au Village, Jazz Gourmand etc…) et tout cela est parti pour durer. Par exemple, à propos de « La semaine aux Villages » : nous les avons sortis du festival et décidé de les présenter en une semaine qui précède les concerts en soirée. Ca a marché : des gens ont même décidé de se déplacer de concert en concert et donc de village en village pour les retrouver puisque le programme y est chaque fois différent.
« Une vraie volonté de politique culturelle «
Si l’itinérance des concerts est une caractéristique du festival, elle induit forcément des coûts supplémentaires. Quelles conclusions en tirez-vous ?
CV : C’est une vraie volonté de politique culturelle, de notre part, d’avoir de tels concerts qui se déroulent dans des conditions différentes d’un concert du soir. Là, les musiciens sont seuls, proches et au niveau des gens. On est avec eux, près d’eux et musiciens et public peuvent se rencontrer.
Comment les mettez-vous sur pied ?
CV : C’est toujours un montage multiforme avec des participations des communes, de donateurs et d’entreprises privées ; voire, après le concert, on fait tourner le « chapeau ». Je vous rappelle que ce sont toujours des musiciens professionnels auxquels nous faisons appel.
Parfum de Jazz insiste sur le fait que les formations invitées à jouer dans le festival doivent être dirigées par des femmes. Cet engagement n’a-t-il pas des limites, tel le risque de passer à côté d’une « pépite » masculine ?
CV : A ce sujet, on a largement de quoi faire. Et les propositions que nous recevons sont majoritairement féminines et émanent de jeunes artistes alors que nous sommes sur cette ligne depuis déjà 12 ans. Beaucoup de choses les attirent ici et notamment l’accueil. Nous sommes attentifs à leurs contraintes quotidiennes et cherchons à les régler au mieux. Par exemple, Camille Heim qui joue mardi soir à La Garde Adhémar, arrive avec son bébé. Et la question que nous nous posons toujours c’est : que pouvons-nous faire de plus pour vous accueillir, musiciennes ou musiciens ? Pour favoriser leur carrière. On réfléchit à des solutions mais on reste modeste, toujours.
« Ceux qui nous soutiennent croient en notre projet »
Vous fêtez cette année la 27ème édition de Parfum de Jazz. Comment évolue ou risque d’évoluer le festival avec cette « nouvelle » équipe aux commandes ?
CV : Outre les concerts estivaux, nous avons des concerts de saison et d’autres évènements, par exemple pour les enfants, vers le milieu scolaire, vers les Ehpad. Et nous comptons développer ça. Par ailleurs, le CA de l’association -créée en 2003- est très structuré et tous les membres qui le rejoignent amènent leurs propres compétences, notamment développées dans leurs professions respectives. C’est un fonctionnement très horizontal : tout le monde est au courant de tout et tout le monde vote, même si cela demande de se réunir et même si c’est très chronophage. C’est un autre fonctionnement, plus collectif, mais c’est de plus en plus dynamique.
A propos du calendrier et des lieux de concerts, le festival a été tenté par le passé d’inverser l’ordre de marche entre Baronnies et Tricastin. Aujourd’hui, la formule est-elle fixée ?
Buis-les-Baronnies, samedi matin, concert du matin sur la grande place de la commune
CV : Le problème est de savoir quand tombe la « Saint-Laurent » (NDLR : particulièrement fêtée à Buis-les-Baronnies ; lundi 10 août cette année). Lorsqu’elle tombe en milieu de semaine, cela impose de faire le Tricastin soit avant, soit après. Or, en Tricastin, toutes les entreprises sont fermées jusqu’au 15 août, ce qui se traduit par environ 35% d’habitants en moins. Pour le festival, c’est une donnée essentielle, même si l’on observe plus de tourisme qu’avant.
La Drôme et les départements voisins accueillent plusieurs festivals musicaux, dont de jazz, durant cette période : comment éviter une concurrence stérile ?
CV : On prend contact avec les festivals suffisamment à l’avance : le but est de créer un calendrier qui soit cohérent.
Enfin, les finances ? Dans un contexte peu folichon, où beaucoup de festivals sont à la peine, et marqué en cours d’année par la défection de l’un de vos partenaires de longue date, comment vous en sortez-vous ?
CV : Nous sommes très soutenus et avons eu, cette année, exactement les mêmes subventions. Cela veut dire que ceux qui nous soutiennent croient en notre projet et croient…. défendent, cet « apport culturel » que veut être Parfum de Jazz. Plus prosaïquement, concernant la billetterie, nous remarquons qu’en Baronnies ça marche bien. C’est bon signe.




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