Deux esthétiques fort différentes étaient proposées jeudi 2 juillet sur la scène du théâtre antique. C’est un vieil habitué de Jazz à Vienne qui pour l’heure n’a jamais déçu, a ouvert la soirée : Vincent Peirani, en compagnie de son quintet ; puis en 2ère partie le groupe américain Beirut créé par Zach Condon qui, après sept ans d’absence revient sur scène, qui plus est, était présent pour la 1ère fois à Jazz à Vienne. Une forme d’événement qui laisse tout-de-même sur sa faim.
On avait adoré l’accordéoniste de Jazz Vincent Peirani dans les « Egarés » avec d’autres solides pointures sur la scène de Jazz à Vienne en 2024.
Or, on a à nouveau adoré l’accordéoniste de jazz majeur actuellement en France venu avec une toute autre formation, en l’occurrence, son quintet , avec lequel il joue depuis dix-sept ans
Ce qui frappe d’entrée, c’est l’énorme complicité entre Vincent Peirani et le saxophoniste soprano Émile Parisien.
Tous deux s’entendent à merveille pour dialoguer et lancer dans le ciel de Vienne, à tour de rôle, de magnifiques envolées.
Sans oublier les poussées rythmiques de la paire composée de Julien Herné à la basse et de Yoann Serra à la batterie. Quatre langages auquel se rajoute celui de Tony Paeleman au piano qui fusionnent dans un seul et même creuset complice.
Le jazz dit-on souvent est une musique compliquée rendue simple pour ceux ceux qui l’écoutent.
La suite de près de 30 minutes « Time Reflections » que le quintet interpréta en constitua une belle démonstration. A la fois sophistiquée et lumineuse. Notamment à l’instar d’un pot pourri rassemblant des chansons de David Bowie, de Queen, Portishead et des Beatles sous l’intitulé de « Bremain Suite », écrite, précisa l’accordéoniste, contre le Brexit…
Au total, une écriture à rebondissements, accompagnée de mélodies fortement évocatrices qui permettent sans cesse d’évoluer dans de multiples paysages musicaux, renouvelés en permanence.
Ce qui apparut le plus évident, c’est toujours et encore, dix-sept après, le grand plaisir qu’ont ces cinq musiciens à jouer, à communier, pourrai-t-on dire, ensemble. Un plaisir qui par capillarité se transmettait immédiatement aux gradins…
Beirut : mariachis et ukulélé
Lorsque l’attente est forte pour un groupe qui ne s’est pas produit depuis sept ans, comme Beirut et qui par ailleurs prenait place pour la 1ère fois, à Jazz à Vienne on ne peut qu’être un tantinet déçu. Ce qui ne semblait pas être le cas des nombreux fans acquis à la cause, présents au théâtre antique dont la jauge affichait plus de 5 000 festivaliers.
Il faut dire que cette formation américaine constitue une drôle d’hybridation entre folk, pop, électro, musique de film ; oscillant par moment avec son trio de cuivres à la façon d’un orchestre de Mariachis mexicain et à d’autres moment à la manière d’une musique balkanique à la Goran Bregovic, avec l’appui de surcroît pour certains morceaux d’un accordéon.
C’est vrai, les mélodies sont certes légères, mais belles, enjouées, et mariées avec la voix aux accents plus sombres de Zach Condon et puis donc, tout au long du concert avec une section de cuivre omniprésente qui sonne très Mexique.
Souvent d’ailleurs, le chanteur compositeur et multi-instrumentais Zach Condon abandonne son ukulélé pour la trompette, accompagnant il est vrai de belle manière son trompettiste et son tromboniste.
Le problème est de mixer cet assemblage baroque pour faire en sorte que le mélange devienne homogène. Ce qui ne fonctionne pas toujours, d’autant que le rythme des enchainements entre les morceaux n’était pas toujours soutenu, l’ensemble manquant d’énergie.
Reste une musique en tout cas identifiable entre toutes, fort singulière, avec laquelle les fans de Beirut ont totalement communié..







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