La soirée de mercredi soir 8 juillet s’est déroulé sous les bonnes ondes de La Nouvelle-Orléans avec une jauge d’environ 4 500 spectateurs : une soirée bien groove et bien joyeuse.
Le New-Orléans est un genre musical est issu du blues et du ragtime qui se jouait et se joue toujours, à l’occasion de joyeux et des tristes évènements de la vie, dans les rues, en statique, en défilé ou dans des salles, bars, cabarets, etc…
Les cuivres sont au coeur de ce style. On retrouve comme les instruments comme la trompette, le trombone, la clarinette, le tuba (ou basse), le saxophone, le washboard, les percussions, la batterie, le banjo, plus rarement la guitare, le piano parfois transporté sur un truck.
Sa forme est définie par l’exposition du thème principal, suivi par une succession d’improvisations de plusieurs instrumentistes, accompagnés dans un mode essentiellement contrapuntique par les autres musiciens, relançant par de courtes phrases le solo en cours : puis reprise du thème.
Principalement animés par des musiciens noirs au début du dernier siècle tous originaires de la Nouvelle-Orléans, on retrouve comme musiciens emblématiques Buddy Bolden, King Oliver, Jelly Roll Morton, Sidney Bechet, Louis Armstrong. Sans cesse renouvelé tout en gardant un état esprit – une façon de sonner, de groover, de ne pas se prendre au sérieux, de lier la communauté : c’est une musique à danser, joyeuse.
« New Orleans Jazz Museum »
Suite à l’annulation de la tournée européenne de Big Freedia initialement programmée, la première partie de la soirée a été remplacée par une création de la « New Orleans Jazz Museum », sympathique ensemble, constitué de très bons musiciens dont trois sont originaires de la Louisiane avec James Andrews (trompette), Sélène Saint-Aimé (contrebasse), Anne Paceo (batterie), Tiss Rodriguez (batterie), Greg Hicks (trombone), Sam Dickey (guitare), Victor Campbell (claviers).
La particularité de de ce groupe est d’être initié par « Le musée du Jazz de La Nouvelle-Orléans » qui célèbre l’histoire du jazz dans toutes ses formes, à travers des expositions, des programmes pédagogiques multi-générationnels, des centres de recherche et des performances musicales.
C’est ainsi que le répertoire du groupe s’est limité à des reprises des grands thèmes de ce style notamment «A Wonderfull World » d’Amstrong. Mais revisité avec originalité et puissance.
James Andrews fut un bon leader répartissant les rôles avec finesse comme un trompettiste au son très raffiné, deux batteurs dont l’excellente Anne Pacéo, Greg Hicks au trombone – parfait avec ce son si caractéristique du NO – saturé au début puis qui s’affine à la fin du souffle, Sam Dickey très bon en rythmique, plus léger en solo (mais si difficile avec une télécaster) et enfin Victor Campbell aux claviers, très osé à certains moments, le plus destructif de la bande.
Chouette concert , bizous bizous comme l’a répété plusieurs fois James Andrews.
Jon Batiste : un show bien maîtrisé
Pensé comme un des forts de la programmation mêlant jazz contemporain et bounce music, ce fut le tour de Jon Batiste, musicien multi-instrumentiste, comédien, compositeur oscarisé, homme de télévision (Late show with Stephan Colbert) et leader du groupe Stay Human. Il a composé et arrangé les musiques jazz du film « Soul « de Peter Docter et il est très actif dans le « Black Lives Matter ». Il est également le responsable musical du magazine « The Atlantic » et le directeur créatif du « National Jazz Muséum in Harlem ».
Ce concert fut sa première et unique représentation dans le cadre des festivals de l’été en France.
Ce quarantenaire, issu d’une dynastie de musiciens originaire de la Nouvelle Orléans et après des études à la Julliard School, travaille avec des artistes tels que Stevie Wonder, Prince (il lui ressemble étrangement), -Willie Nelson, Ed Sheeran, …
Admirable chanteur, pianiste blues, jazz traditionnel et moderne, communicateur patenté, leader solide, c’est un talentueux qui maitrise parfaitement bien son show.
Sans connaitre ses références, on subodore Stevie Wonder pour son groove profond, Prince pour ses mimiques, la fluidité de ses attitudes et l’impertinence de ses mélodies, W. Nelson pour le respect des racines musicales.
Un très beau moment lorsqu’au piano solo, on a pu percevoir sa maitrise harmonique, rythmique et mélodique sur un blues qui peu à peu s’est transformé en un jazz très moderne plein de justesse, d’audace et de finesse.
Ça jouait bien, deux batteurs, bonne percus, des styles très éclectiques ce qui m’a parfois dérouté – un long morceau de musique brésilienne quelque peu inattendu dans un contexte de groove musical autre. Mais bon !
Et bien évidemment, comme les américains savent faire, de longs moments consacrés à faire participer le public pour son plus grand bonheur.
Bon concert d’un talentueux et bonne soirée joyeuse et festif – bonne introduction au jazz.
A noter : une grande majorité d’un public middle-adge et plus jeune encore.
A écouter : Jon Batiste « Beethoven Blues », réinvente les chefs-d’œuvre de Beethoven en intégrant des compositions originales. Hommage à Beethoven en lien avec le parcours artistique de Batiste. L’album est disponible en précommande.
PHOTOS : Philippe Sassolas











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